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L’inflation US accélère encore en juin

Agence SAND

L’inflation s’accélère encore aux USA au mois de juin. Mais trois grands postes (énergie, habitation et transports) expliquent 85% de l’inflation de juin. Les transports expliquent 2% de l’inflation et ce phénomène reflète l’impact des prime Biden et de la crise des semi-conducteurs. Tout cela restera temporaire même si cela dure quelques mois. La Fed n’a pas à intervenir rapidement, ce serait contreproductif.

Le taux d’inflation s’est inscrit à 5.4% au mois de juin après 5% en mai. Depuis le mois d’avril, le taux d’inflation s’est franchement accéléré passant très nettement au-dessus de la cible de 2% de la banque centrale. En juin, le taux d’inflation se compare à celui de juillet 2008 mais le prix du pétrole était alors de 133 dollars sur le mois avec un pic à 145. Ce n’est clairement pas la situation actuelle. Le taux d’inflation sous-jacent s’est inscrit à 4.5% contre 3.8% en mai. C’est le chiffre le plus fort depuis Novembre 1991.

L’inflation américaine à 5.4% en juin peut se décomposer grossièrement entre l’énergie dont la contribution est de 1.7%, les transports dont la contribution est de presque 2% et l’équivalent loyer (habitation) dont la contribution est de 0.9%. Ces trois postes expliquent 85% du taux d’inflation du mois de juin mais ne représentent que 51% de l’indice des prix.

La contribution du prix de l’énergie, le pétrole en fait, reflète un prix actuel élevé (73.5 USD en moyenne en juin) et le prix réduit à la sortie du confinement en 2020 (41 dollars). Le prix actuel parait plus en phase avec l’équilibre du marché du pétrole et les contraintes liées à la lutte contre le réchauffement climatique. Cette contribution (1.7% en juin) va donc s’atténuer au cours des prochains mois. Elle est déjà équivalente à celle d’avril (1.7%)et plus réduite qu’en mai (1.9%).

Le poste relatif à l’habitation revient progressivement vers sa contribution d’avant crise sanitaire traduisant le rééquilibrage du marché immobilier.

Le poste particulier est celui des transports. Les trois composantes listées dans les graphes représentent près de 2% de contribution dont 1.2% pour les voitures d’occasion. On sait où est passé la prime distribuée par Biden et on a une mesure de l’impact de la crise des semi-conducteurs sur la construction d’automobiles neuves dont les prix sont des prix de catalogue qui ne s’ajustent pas aussi vite que celui des voitures d’occasion.

Ce phénomène est probablement temporaire tant qu’il n’y a pas d’ajustement brutal des salaires à la hausse. Pour l’instant l’indice de salaire de la Fed d’Atlanta n’est qu’à 3.2%. Il n’y a pas d’emballement.
Il va y avoir des ajustements de salaires par secteur mais probablement pas de hausse macroéconomique des salaires provoquant un pincement des marges et la tentation d’ajuster l’ensemble des prix à la hausse. L’inflation est temporaire mais restera élevée pour les prochains mois (quelques mois de hausse c’est temporaire pour un économiste)

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