Taux | La veille économique et financière

L’inflation va-t-elle se poursuivre ?

Les chiffres de l’inflation publiés en mai ont été plus élevés que prévu aussi bien aux États-Unis qu’en zone euro. En avril, les prix à la consommation se sont accélérés à un taux annuel de 4,2 % aux États-Unis et de 1,6 % en zone euro, et les prévisions pour juin dans la zone euro atteignent les 2 %. La hausse des prix a été amplifiée par l’augmentation de la consommation des ménages, les difficultés rencontrées par les chaînes d’approvisionnement ainsi que par la hausse des prix de nombreuses matières premières.

Par ailleurs, l’emploi aux Etats-Unis a été plus faible que prévu, et les prévisions pour les mois à venir ont été ajustées à la baisse. Cela pourrait s’expliquer par une faible disponibilité de la main-d’œuvre dans certains secteurs et cela augmente également la pression sur les hausses de salaires. En outre, la croissance du commerce de détail a été plus lente que prévu et n’a pas augmenté sur une base mensuelle en avril. Les derniers plans de relance et la croissance de l’épargne des ménages devraient toutefois accroître encore la consommation. De fait, aux États-Unis, la consommation augmente même plus vite que l’emploi.

Les banques centrales ont gardé la tête froide et ont annoncé qu’elles poursuivraient leurs politiques actuelles. Les annonces de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre sur la réduction des mesures de relance ont eu par contre très peu d’un impact sur les marchés. En revanche, les déclarations de Janet Yellen, secrétaire au Trésor américain, sur la nécessité d’augmenter les taux d’intérêt ont attiré l’attention. En effet, certains économistes estiment qu’en raison de l’accélération de la croissance économique et de la hausse de l’inflation, les taux d’intérêt nominaux devraient être beaucoup plus élevés.

Toutefois, les variations sur les taux longs ont été minimes. Le rendement de l’obligation d’État américaine à 10 ans est resté à environ 1,7 % et celui de l’obligation d’Etat allemande a été légèrement supérieur à -0,2 %. Le dollar est également resté faible, et le taux de change de l’euro a de nouveau atteint le niveau de 1,22 dollar, ce qui est le niveau le plus élevé depuis 2018.

Les États-Unis ont peut-être déjà passé leur phase de reprise rapide

La reprise économique a été rapide au printemps, en particulier aux États-Unis, mais il semble que ce fort élan est, inévitablement, en train de ralentir. L’indice ISM des directeurs d’achat, un indicateur des perspectives de l’industrie manufacturière américaine, n’a pas réussi à battre de nouveaux records et a même reculé de quelques points pour s’établir à 60,7. Cet indice s’établit à 61,2 en juin. 

Les attentes restent néanmoins élevées, alimentées par la politique monétaire expansionniste de la Réserve fédérale ainsi que par les plans d’aides publiques du Président Biden, qui se chiffrent en trillions de dollars. Cela pourrait toutefois entrainer une hausse de la fiscalité et des taux d’intérêt en raison de l’augmentation de la dette.

D’autant plus que la réduction du programme de rachat de la Réserve fédérale inquiète déjà les marchés. Les décisions et déclarations de la réunion du Conseil des gouverneurs qui se tiendra les 15 et 16 juin seront ainsi examinées avec attention. Si la FED ne décide pas de changements de politique, son bilan cessera de croître et commencera à se réduire lorsque les investissements seront arrivés à maturité.

Bien que la pandémie de coronavirus ait entraîné des changements dans la consommation et les pratiques commerciales, les impacts à long terme et permanents sur la productivité et le potentiel de croissance économique sont encore incertains. Toutefois, l’économie américaine devrait atteindre son niveau pré-pandémique d’ici la fin de l’année.

Les économies européennes ont également amorcé leur reprise et les perspectives des entreprises se sont rapidement améliorées avec l’arrivée de nouvelles commandes. Les progrès réalisés en matière de vaccination permettent également d’espérer une normalisation de l’activité tertiaire au cours de l’été. L’Union Européenne s’est finalement mise d’accord sur la mise en œuvre du plan de relance NextGeneration EU. Elle sera en concurrence avec le gouvernement fédéral américain en matière de financement, mais le marché devrait accueillir favorablement cette initiative. Avec la mise en œuvre de ce plan de relance, les fonds européens seront redirigés vers les économies des États membres de l’UE dans les années à venir, ce qui renforcera encore les perspectives de croissance.

Vous avez trouvé cette publication intéressante ?

Cliquez sur une étoile pour la noter !

Note moyenne / 5. Nombre de votes :

Aucun vote pour l'instant. Soyez le premier à noter cette publication.

Merci pour votre vote !

Vous pouvez ajouter un commentaire (optionnel).

Dites-nous en plus (optionnel) :

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publications similaires