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L’oeil du CGP : un contexte hors norme

Nous ne sommes pas plus spécialistes de la géopolitique d’Europe de l’Est que nous étions épidémiologiste ces dernières années. D’ailleurs force est de constater que sur le sujet ukrainien, bon nombre de spécialistes étaient dans l’erreur. À moins d’être dans la tête de Monsieur POUTINE, il apparaît difficile de prévoir la suite des événements…

Comme vous le savez, l’offensive des troupes russes a marqué un tournant majeur dans ce qui était jusqu’à présent qualifié de crise diplomatique. Le qualificatif change considérablement et les termes de guerre et d’invasion prennent le relais.

Ces événements majeurs ne sont pas sans conséquences sur votre épargne et nous souhaitons prendre le temps de vous communiquer un maximum d’informations et de données factuelles que nous traitons pour surmonter cette difficulté.

Nous tenons tout d’abord à vous féliciter car, les dernières années ont été très difficiles pour les épargnants et les investisseurs sur les actifs financiers. Notre cabinet a débuté son activité en 2020. Nos premiers clients nous ont confié leur épargne dans le cyclone de la crise COVID. Rappelons que les marchés financiers ont baissé de -36% à cette période. Il fallait tenir le coup et avoir une totale confiance dans nos conseils pour ne pas céder aux sirènes de fin du monde… Moins de 2 ans après, la presse galvanisait des bénéfices records en bourse et un CAC 40 ayant allégrement dépassé ses niveaux historiques à plus de 7000 points. Une nouvelle fois, le sang-froid a payé.

Nous étions sur une bonne lancée et voilà poindre un conflit armé aux portes de l’Europe. Le mot de guerre, qui appartenait aux manuels d’histoire, ne semblait plus pouvoir être employé pour le continent européen. C’était une erreur !

Nous pensions comme beaucoup que les mouvements de troupes du président POUTINE étaient d’abord de l’intimidation. Puis nous pensions qu’il était arrivé à ses fins avec la reconnaissance des régions séparatistes Russes. Nous n’envisagions pas que les chars russes soient si vite aux portes de Kiev. Nous mesurons à quel point l’occident n’est pas préparé à des conflits de masses.

Nous pouvons humblement nous souvenir que l’histoire s’écrit avec les événements qui n’étaient pas prévisibles.

Données historiques

Faut-il remettre en question vos projets et les investissements que vous avez faits ?

Certainement pas ! L’investissement est une démarche qui s’inscrit sur le long terme. Par conséquent, sur le long terme, il y aura des événements imprévisibles. Il n’est jamais agréable de constater que nous subissons des pertes sur un placement. Ces pertes sont néanmoins temporaires et souvent liées à la psychologie humaine. Les décisions prises dans la peur sont les plus mauvaises.

Nous avons analysé et repris des éléments d’une étude de LPL Research, S&P Dow Jones, CFRA de 2020. L’étude analyse les impactes sur la bourse américaine des principaux chocs géopolitiques depuis la Seconde Guerre mondiale. Nous allons vous livrer quelques conclusions intéressantes :

Attaque de Pearl Harbor : 07/12/1941

  • Baisse de la bourse le jour de l’attaque : -1.2%
  • Baisse totale les jours qui ont suivi : -19.8%
  • Nombre de jours nécessaires pour revenir au niveau d’avant l’attaque : 307

Crise des missiles de Cuba : 16/10/1962 (conflit de la guerre froide)

  • Baisse de la bourse le jour de l’événement : -0.3%
  • Baisse totale les jours qui ont suivi : -6.6%
  • Nombre de jours nécessaires pour revenir au niveau d’avant crise : 18

Invasion du Kuwait par l’Iraq : 02/08/1990

  • Baisse de la bourse le jour de l’événement : -1.1%
  • Baisse totale les jours qui ont suivi : -16.9%
  • Nombre de jours nécessaires pour revenir au niveau d’avant crise : 189

Attaque du 11 septembre 2001 : 11/09/2001 (5000 morts sur le sol américain)

  • Baisse de la bourse le jour de l’attaque : -4.9%
  • Baisse totale les jours qui ont suivi : -11.6%
  • Nombre de jours nécessaires pour revenir au niveau d’avant l’attaque : 31

L’étude référence 20 événements majeurs comme ceux que nous avons évoqués. Voici les données compilées :

  • Baisse moyenne de la bourse le jour de l’événement : -1.2%
  • Baisse totale les jours qui ont suivi : -5%
  • Nombre de jours nécessaires pour revenir au niveau d’avant l’événement : 47

Ces événements sont bien souvent des drames humains lourds qui laissent présager un avenir sombre. Le délai pour que les investisseurs reprennent leurs esprits à la suite de ces crises est de 47 jours en moyenne. Autre point important, les hausses pour revenir au niveau de départ sont bien souvent aussi violentes que les baisses.

L’exemple se confirme à l’écriture de ses lignes. La bourse de Paris a perdu plus de 4% le jour de l’invasion de l’Ukraine. Aujourd’hui elle rebondit de +3.5%.

Cela signifie que l’investisseur qui avait coupé ses placements en pensant réinvestir après la tempête avait de très fortes chances de louper une grande partie de la hausse des marchés en revenant après la remontée des prix.

La psychologie humaine n’ayant pas radicalement changé, nous pensons que le sang-froid reste la meilleure arme pour surmonter cette période.

Il est également probable que les éléments de stress que nous venons de vivre sur les marchés ne soient pas terminés. Nous avons toute confiance dans la capacité du président POUTINE à continuer de surprendre l’occident. Il convient donc d’accepter cette période de volatilité et de ne pas remettre en question les stratégies déployées.

Nous ajustons très marginalement les portefeuilles en arbitrant quelques poches actions pour nous exposer un peu sur l’or et les matières premières. Le conflit devrait maintenir une forte pression sur les prix. L’or confirme sa posture de valeur refuge en période de stress.

Nous avons également renforcé dans la baisse des marchés l’exposition actions en utilisant un peu du cash détenu sur le fonds euros.

Notre équipe se tient à votre entière disposition pour vous accompagner et répondre à vos interrogations.

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Bourse – La chronique IsoBourse du 26/02/2022
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