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L’oeil du CGPI : la lettre du mois de novembre

  • L’activité économique et la croissance continuent de ralentir
  • L’inflation entame un reflux. Les anticipations semblent optimistes (trop ?)
  • La politique zéro COVID en Chine s’assouplit (enfin !)
  • Les marchés financiers ont fortement rebondi pour se réaligner avec les valorisations historiques.

LE CONTEXTE

Et de deux ! Les principales bourses enchaînent leur deuxième mois de rebond dans une année qui restera très difficile.

Cette année est exceptionnelle non pas par l’ampleur des baisses que nous avons connues sur les actifs risqués comme les actions. Les pertes ont flirté avec les- 20 à 25 % sur de grands indices boursiers. C’est une amplitude qui reste relativement normale et fréquente pour les marchés actions. Le caractère unique vient du fait que les obligations et globalement toutes les classes d’actifs ont baissé violemment et simultanément. Défendre un portefeuille de titres et d’obligations a donc été une activité périlleuse. De la même manière que supporter la perte a été psychologiquement difficile pour l’épargnant !

Nous tenons au passage à vous féliciter pour le flegme que vous avez eu et les questions parfaitement pertinentes que vous avez levées au cours de cette année.

Pour le moment, il semblerait que des signaux positifs viennent chasser un peu les nuages que nous avons accumulés. Nous tirerons un bilan de l’année et des perspectives plus approfondies pour le mois de janvier. Nous allons essayer néanmoins de dégrossir quelques scénarios dans cette lettre mensuelle.

PROBLÈME D’INFLATION OU DE CROISSANCE ?

Nous vous donnions le mois précédent les prévisions de croissance revues en baisse par le FMI. L’OCDE est sur la même tendance. 2023 devrait être une année blanche avec une croissance mondiale de 2.2% largement soutenue par l’Asie. La zone euro tout comme les états unis devraient être autour de 0.5%. L’inflation en revanche est anticipée avec une baisse de -50% par rapport aux niveaux actuels pour 2023. C’est une décélération rapide qui semble très optimiste.

Nous devrions dès lors avoir une bascule de l’incertitude qui va se déporter de l’inflation vers la croissance. L’année 2022 était celle de l’inflation forte avec la question de savoir : quand va-t-elle s’inverser ? C’est en cours…

L’interrogation pour 2023 sera de savoir : quelle sera la profondeur du ralentissement économique ou de la récession ? Serons-nous sur un atterrissage en douceur avec une année autour de 0% voire légèrement négative ou aura-t-on une dégradation plus importante ?

NOTRE AVIS…

Les indicateurs avancés de l’économie, et globalement les marchés financiers, achètent pour le moment le scénario que nous appelons « soft landing » (atterrissage doux). L’hypothèse nous paraît pour le moment bonne : une année 2023 à 0 et un rebond pour 2024.

C’est d’ailleurs un retour à la normale qui nous semble nécessaire. Il fallait gommer les excès de liquidités déversées par les banques centrales ces 10 dernières années. C’est en cours avec la remontée des taux. Le ralentissement économique va permettre un désengorgement des goulets d’étranglement et des pénuries. Cela permettra de confirmer le mouvement de baisse de l’inflation en cours.

L’atterrissage en douceur pourrait cependant être contrarié par une inflation qui reflux moins vite que prévue. C’est notre doute principal. La baisse anticipée est ambitieuse. Cela contraindrait les banquiers centraux à augmentent plus que prévu les taux directeurs où à les laisser élevés plus longtemps. L’impact sur la croissance serait par conséquent néfaste.

Il faudra surveiller également les indicateurs économiques qui ont fait preuve de résilience jusque là. En premier lieu, le chômage est très bas aux États-Unis ainsi qu’en Europe. Il devrait remonter légèrement. C’est une bonne chose pour l’inflation. C’est plus problématique pour notre croissance. La consommation des ménages et les résultats d’entreprises ont également bien résisté aux chocs que nous avons traversés. Il faudra voir si l’effet de décalage entre les prix et les marges ne se répercute pas trop sur 2023.

Prudence donc, jusqu’ici tout va bien, le plus dur ce n’est pas la chute… c’est l’atterrissage ! Pour reprendre la célèbre citation du film « La Haine ».

LA CHINE POUR UN NOUVEAU DÉPART ?

Si vous nous lisez régulièrement, vous savez que nous pensons à un redémarrage de la Chine. Nous avons investi progressivement sur la zone géographique. Nos anticipations étaient un peu trop rapides, mais il semblerait que nous arrivions à un point de transition.

La Chine a vu son économie fortement ralentir depuis plus de deux ans et l’objectif pour l’année d’atteindre une croissance 5.5% ne sera certainement pas atteint. Les causes : une politique de reprise en main des secteurs clefs (éducation, technologies, immobilier, numérique…) et une politique zéro COVID extrêmement restrictives.

Le ralentissement nous a peut-être permis d’éviter le pire au niveau de l’inflation. Une Chine au ralenti a permis de limiter la hausse des prix des matières premières sur l’année. Imaginez les prix que nous aurions payé sur le pétrole ou le gaz avec une Chine ouverte à plein régime et le conflit en Ukraine…

La réouverture arrive donc dans le bon timing et la Chine pourrait nous apporter le moteur de croissance dont nous avons besoin pour 2023 en rouvrant progressivement. Nous restons très optimistes sur la Chine tant la valorisation est faible. Les investisseurs ont quitté le navire par peur et non par analyse rationnelle. Ils reviendront progressivement…

LES MARCHÉS

Les marchés financiers ont poursuivi leur rebond initié en octobre. Nous ferons un petit aparté ce mois-ci en regardant les marchés de l’épargnant qui représentent un peu toutes les classes d’actifs que peut facilement utiliser le particulier.

MoneyVox (comparateur en ligne d’épargne) a sorti une étude très intéressante pour savoir ce que vous auraient rapporté 1000 € investi en 2022 sur les différents dispositifs que vous pouvez facilement souscrire. Nous vous livrons en synthèse les résultats nets d’impôt de ces 1000 € de placement :

  • LEP (Livret d’Épargne Populaire, accessible sous conditions de revenus) : + 31 €
  • SCPI (pierre papier) : + 23.76 €
  • Livret A : + 13.75 €
  • Fonds € d’assurance vie : + 10.60 €
  • PEL : + 7 €
  • Gestion pilotée assurance vie : – 65.5 €
    • – 4.7% pour un profil défensif chez Yomoni (acteur en ligne 100% ETF)
    • – 15.2% pour un profil intermédiaire Yomoni (acteur en ligne 100% ETF)
    • Pour comparaison, notre gestion déléguée prudente fait -3.89% et -5.87% pour le profil équilibré aux mêmes dates.
  • Actions CAC 40 : – 85 €
  • Cryptomonnaies : – 685 €

Pour consulter l’article entier : https://www.moneyvox.fr/placement/actualites/90872/livret-a-pel-assurance-vie-avec-1-000-euros-quel-placement-vous-a-le-plus-rapporte-en-2022?utm_source=MPLNL&utm_medium=email&utm_campaign=20221207

2021 avait été une année excellente pour les marchés plus risqués comme les actions. En période de crise, les actifs plus défensifs ont montré plus de résilience. C’est tout le pendant du risque. Il faut accepter d’en prendre pour gagner sur la longue route. Il y a toutefois des périodes plus délicates pendant lesquelles il faut savoir regarder de l’avant.

Il est important d’avoir un patrimoine diversifié et composé d’un mix de toutes ces enveloppes qui présentent chacune des avantages en fonction des objectifs et perspectives de chacun.

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