L’oeil du CGPI : la lettre du mois de septembre 2023

  1. Un été sans tendance sur les actions
  2. Des taux élevés plus longtemps
  3. Les États-Unis résistent
  4. La Chine règle le problème du chômage

Si pour vous rentrée des classes rime avec reconnexion aux actualités financières et à vos portefeuilles, sachez que vous n’avez finalement pas loupé grand-chose. Le contexte macroéconomique n’a pas changé radicalement. L’inflation et la croissance restent les sujets de spéculation pour les financiers. L’immobilier poursuit son chemin de croix et le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres… 

En effet, parmi les anecdotes de l’été, la banque UBS qui avait été contrainte au sauvetage forcé de Credit Suisse en absorbant son rival c’était vu octroyé une aide d’un peu plus de 9 milliards d’euros complétés par des prêts de liquidités dépassant les 100 milliards d’euros. Nous étions alors en pleine crise et le monde voyait déjà la prochaine faillite planétaire approcher. Seulement après étude approfondie des actifs rachetés à bon compte du Crédit Suisse, UBS a décidé de renoncer aux aides proposées. Le rachat n’était donc pas une si mauvaise opération. UBS sort certainement très renforcée de cette fausse mauvaise opération.

Nous pouvons faire le même constat avec les banques américaines qui ont absorbé les banques régionales en crise de liquidités. Retenons qu’en période de crise, les leaders mondiaux sortent souvent renforcés. En parlant de leader, les États-Unis poursuivent un atterrissage très en douceur. La croissance est revue à la hausse et leur politique de relocalisation avec l’IRA (Inflation Reduction Act) met l’Europe une fois encore au tapis.

Enfin nous verrons comment la Chine a trouvé un moyen très efficace pour régler le problème du chômage dans l’empire du Milieu.

Performances des principaux indices sur 1 mois

Source : Mon Placement ; CGP Conseil

Les marchés actions stagnent

La tendance positive du mois de juillet a été vite effacée en août. Nous avions évoqué la volatilité des marchés en période estivale. Nous avons un exemple concret. Les grands indices ont progressé en juillet en pariant sur un atterrissage en douceur de l’économie américaine et une baisse rapide des taux. Ils ont revu leurs prévisions en août en jugeant que les taux ne baisseraient pas si vite qu’escompté.

Pour autant, la situation économique n’a pas beaucoup évolué entre juillet et août. Nous sommes bien là dans ce que l’on peut qualifier de « bruit du marché » les interprétations à postériori sont toujours faciles et l’investisseur prudent saura ne pas y prêter trop d’attention. L’indice Eurostoxx 50 oscille entre 4200 et 4400 points depuis le mois d’avril. Aucune tendance de fond ne se dessine pour le moment. Il est aujourd’hui au même niveau que début mars.

Des taux élevés plus longtemps ?

Les taux d’intérêt font la pluie et le beau temps sur les marchés financiers. Ils donnent une vue divergente du marché actions. C’est là que résident le problème et les incertitudes actuelles. En effet, la bonne résistance des principaux marchés actions tient au fait qu’ils anticipent un atterrissage sans casse de l’économie américaine ET une baisse des taux d’intérêt pour relancer la machine.

Seulement ce dernier point ne semble pas partagé par les opérateurs obligataires. En effet, les taux restent à des niveaux élevés. Le taux à 10 ans américain est proche de son pic avec un rendement à 4.20%. Cela témoigne du fait que les anticipations du marché obligataire ne concordent pas avec une baisse rapide des taux. La lutte contre l’inflation sera certainement plus longue qu’espérée par les investisseurs actions.

De fait, le scénario d’un atterrissage doux de l’économie US pourrait évoluer. De la durée des taux élevée dépendra la trajectoire de croissance.

Etats-Unis 1 / Europe Dés-Unie 0

Il y a un an, sous couvert d’un plan d’intervention (de protectionnisme) pour réduire l’inflation, les États-Unis lançaient l’IRA (Inflation Reduction Act). Comme son nom ne l’indique pas du tout, le but était simple : générer de la croissance par des mesures protectionnistes tout en faisant croire que c’était pour lutter contre l’inflation.

C’est en réalité un plan de soutien massif d’investissement des entreprises qui produisent sur le sol américain. Ajoutons à cela un coup de peinture verte pour dire que les investissements aident à la transition énergétique et nous avons au bilan un plan qui permit plus de 180 milliards de dollars d’investissements avec 13 millions d’emplois nouveaux.

Autre objectif, clairement affiché : limiter la dépendance et notamment aux importations en provenance d’Asie (Chine).

Du côté européen, des critiques et contestations ont été formulées. Des textes sont en discussion… Le temps passe et un an après l’IRA, les entreprises continuent d’installer de nouvelles usines subventionnées aux états unis. La défense des intérêts de chacun des pays membre de la zone euro ainsi que les divergences affichées sont un frein à une réponse forte. Comme toujours, les États-Unis se relèveront plus vite (et plus forts) de la succession de crise que nous avons traversée.

Chine : problème du chômage réglé

Comment passe-t-on d’un chômage des jeunes 16-24 ans au-dessus de 21% à plus de chômage du tout ?

C’est plus facile qu’il n’y paraît, la Chine a décidé de ne plus publier la statistique… Les autorités souhaitent « optimiser le travail statistique ». En Chine, le taux de chômage est calculé en intégrant uniquement les zones urbaines. La vision retranscrite ne semblait pas convenir au régime. La méthode d’arrêter la publication de la statistique est certes radical, mais a le mérite de solutionner le problème. 

Pas de statistiques… pas de chômage !

Pas de chômage… pas de problème !

Point de marchés :

La rentrée annonce le retour des opérateurs institutionnels aux commandes. Le retour des volumes de transaction va revenir à un rythme normalisé. Les incertitudes restent les mêmes (croissance, inflation, niveau des taux). Les ajustements se feront au gré des publications des indicateurs d’activités.

Le mois de septembre est historiquement un très mauvais mois sur le plan boursier. Le contexte ne donne pas de signes d’enthousiasme amenant la prise d’initiatives. Nous conservons notre approche prudente sur l’exposition des marchés actions. Les rendements obligataires de bonne notation restent intéressants.

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