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L’oeil du CGPI : le jour d’après ?

Le contexte

Vous avez été nombreux à réagir et à nous interroger suite à la publication de notre rapport trimestriel. Nous en sommes ravis, car déjà cela signifie que vous lisez notre rapport. Vos commentaires et retours nous permettent d’orienter les informations que nous livrons pour répondre à vos attentes.

Le ton de notre bilan n’était pas des plus rassurant au sujet du contexte macroéconomique. Nous allons prendre le temps dans cette lettre mensuelle d’essayer de voir le verre à moitié plein et de nous projeter sur les solutions de sortie de la crise, et de l’inflation, que nous traversons.

Il n’y a pas de problème, que des solutions…

Les problèmes, vous commencez à les connaître :

  • L’inflation poursuit sa route. Elle a atteint 8.5% en mars aux États-Unis et 4.8% en France. Elle rogne le pouvoir d’achat des ménages et souvenez-vous le premier moteur de la croissance, c’est la consommation des ménages…
  • La guerre en Ukraine. C’est avant tout un drame humain qui se déroule cette fois chez nous en Europe. L’ambiance géopolitique est plombée, les tensions reviennent à un niveau datant de la guerre froide. Sur le plan économique, la guerre entretient l’inflation en maintenant des prix des matières premières et de l’énergie au plus haut !
  • Les goulets d’étranglement ne se résorbent pas. Les chaînes d’approvisionnement sont bloquées et les pénuries se poursuivent. La cause est simple, la Chine première industrie et manufacture du monde s’enlise dans une politique 0 COVID et confine sa population. Là aussi l’inflation est entretenue.

Conséquences, la planète finance a le moral dans les chaussettes tout comme les principales économies du monde…

Dès lors, comment s’en sort-on ?

Déjà, il faut prendre un peu de hauteur et dissocier deux échelles de temps : le court terme et le long terme.

A court terme

Une guerre en Europe, une inflation record aux États-Unis et une Chine confinée. Il nous manque l’invasion des crickets et les rivières qui deviennent rouges… J’aurais pu ajouter les rapports du GIEC sur le réchauffement climatique, mais je ne souhaite pas déprimer tout le monde avant l’été.

Les marchés ont logiquement baissé. Mais aux vues des éléments, c’est plutôt normal et même sain. Là où cela devient intéressant, c’est que justement, toutes ces mauvaises nouvelles sont intégrées dans les prix des actifs et des actions en particulier. Autrement dit, les investisseurs et les opérateurs sont tous au courant de ce que l’on évoque et les mauvaises nouvelles sont déjà bien digérées.

Si l’on retrouve un peu d’optimisme, on peut se dire (et même espérer) que la guerre s’arrêtera un jour. Les économistes pensent également que le pic d’inflation aux États-Unis est proche. La Chine de son côté ne pourra pas tenir confinée éternellement et trouvera une voie de sortie pour le COVID.

Une chose est certaine, le moindre début d’une bonne nouvelle sur l’un de ces trois fronts provoquera un espoir et un catalyseur puissant pour un rebond des marchés financiers. Nous en sommes chaque jour un peu plus proche.

À long terme :

L’histoire nous montre que l’être humain a traversé des crises et des difficultés diverses et variées. Il a démontré une faculté d’innovation et d’adaptation pour s’en sortir à chaque fois. La crise COVID en est le parfait exemple.

Structurellement, certains problèmes auxquels nous faisons face n’en sont pas forcément à long terme. Si l’on regarde l’inflation par exemple. La démographie qui baisse est un facteur déflationniste très puissant. Les nouvelles technologies tendent aussi à améliorer la productivité et à rationaliser énormément de tâches et de coûts. C’est une tendance déflationniste de long terme. On pourrait opposer à cela les besoins de la transition énergétique. C’est un facteur plutôt inflationniste. Les énergies renouvelables sont plus chères que les énergies fossiles. Cependant, ce facteur inflationniste nous semble moins puissant que les deux précédemment évoqués.

Enfin, le premier ennemi de l’inflation c’est l’inflation elle-même. Les prix ne peuvent pas monter indéfiniment. Lorsqu’ils sont trop élevés, les agents économiques ne peuvent plus acheter. La demande diminue et le prix doit de nouveau baisser pour trouver un acheteur…

Nous avions déjà évoqué les enjeux liés aux crises que nous rencontrons. La guerre en Europe a fait naître un besoin de construction d’une Europe de la défense. Les besoins sur la défense vont croître considérablement et auront besoin de financement.

Les fermetures en Chine vont également accélérer une transition vers des économies moins dépendantes.

Ces quelques pistes nécessiteront des capitaux, des financements et une forte croissance moins carbonée et moins dépendante. L’économie se relèvera des difficultés qu’elle rencontre et les marchés financiers resteront la place de transfert et de convergence des capitaux.

La difficulté pour l’heure est de rester un investisseur de long terme et faire preuve de patience…

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