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L’oeil du CGPI : les prix montent, quelles conséquences et quelles allocations ?

Agence SAND

Le mois de septembre est historiquement l’un des plus mauvais en bourse. Nous venons d’en avoir la confirmation. Pour les plus optimistes, octobre est historiquement plutôt un bon mois. Statistiques calendaires mises à part, revenons aux fondamentaux de notre économie et de leurs impacts sur votre vie de tous les jours et vos placements. Pour ceux qui en doutaient, il y a bien des conséquences perceptibles entre tendances économiques et vie quotidienne.

Les économies sont en surchauffe, la situation sanitaire s’améliore globalement et on entend d’ailleurs moins parler du COVID. Conséquence directe de cette forte croissance : des pénuries un peu partout. D’abord les semiconducteurs, puis en cascade la production automobile, s’ajoutent les métaux, maintenant les textiles et les énergies avec la demande de pétrole qui explose. Notez au passage que nos amis Brexiteurs ont été obligés de mobiliser l’armée pour rationner la distribution de carburant dans les stations…

La conséquence est évidente et nous en parlons maintenant depuis le début de l’année : les prix montent !

Au niveau mondial, le prix des denrées alimentaires pèse sur les pays émergents. Les prix de l’immobilier et des logements commencent à inquiéter les gouvernements. Cela fait plus de 10 ans que la baisse des taux d’intérêt a alimenté la hausse des prix de l’immobilier. Cette bulle immobilière va de la Nouvelle-Zélande au Canada en passant par la Suède, la France ou encore les États-Unis. Elle est le premier facteur de creusement des inégalités. Il sera très difficile d’en corriger les excès sans peser sur l’activité et entrainer un choc sur le secteur.

Dans ce contexte, la FED (banque centrale américaine) a indiqué qu’elle allait prochainement entamer une réduction de ses achats obligataires. On ne parle pas encore de hausse des taux, mais juste de réduire l’injection monétaire dans le circuit. Si vous suivez nos newsletters, vous savez que les investisseurs et les marchés financiers sont accrocs aux liquidités des banques centrales, plus il y a d’argent dans le système plus les marchés actions haussent mécaniquement.

Nous entendons une maxime depuis plusieurs années maintenant : « TINA ». Ce n’est pas le nom d’une chanteuse, mais l’acronyme des financiers pour « There Is No Alternative ». En d’autres termes, il n’y a pas d’autres alternatives pour les investisseurs que de se porter sur les marchés actions et les actifs risqués. Allez-vous placer vos économies sur des bons du trésor allemand qui vous rapportent -0.3% ou du 10 ans français à 0% ? La réponse est évidente, il n’y a donc que les marchés actions qui permettent d’avoir suffisamment de rendement pour surperformer l’inflation.

Néanmoins, si les taux remontent, les règles changent et une alternative se dessine. Si demain les taux à 10 ans américains sont à 2.5%. Il deviendra intéressant de vendre des actifs risqués pour les sécuriser sur des rendements plus attractifs. C’est exactement ce que nous constatons en ce moment sur les marchés. Les investisseurs perçoivent de l’inquiétude, anticipent et allègent des positions qui ont très bien performé depuis des années.

Ajoutez à cela la Chine qui poursuit son action politique de reprise en main des secteurs clefs. Le but est d’éliminer l’extrême pauvreté et aboutir à une « prospérité commune ». Une entrave au tableau, le second promoteur chinois, Evergrande comme son nom ne l’indique pas est en situation de quasi-faillite. Son endettement total est de 300 milliards de dollars et le groupe est aujourd’hui incapable de financer la poursuite de ses activités. Le risque peut être systémique (en Chine du moins) car un autre acteur : Fantasia Holdings, semble-lui emboité le pas. Il ne faudra pas compter sur le gouvernement chinois pour porter secours à ceux qui ont trempé dans les dérives de l’instabilité du modèle capitaliste américain. Le gouvernement prévoit des dédommagements aux acheteurs qui ne verront pas leurs biens livrés. Les actionnaires et les prêteurs devront eux essuyer leurs pertes. Il n’y a pas de « Too Big to fail » en Chine…

Mélangez tout ce cocktail et vous obtiendrez les performances suivantes sur les marchés actions en septembre :

  • – 3.06% pour la zone euro
  • -4.65% pour les États-Unis
  • – 2.96% pour les pays émergents d’Asie

Ce n’est pas méchant, mais une correction un peu plus prononcée (-10%) est à garder à l’esprit. Cela ne remettrait pas en cause la croissance qui devrait perdurer. C’est néanmoins un rappel que les marchés actions ne montent pas en ligne droite. Beaucoup d’investisseurs particuliers ont investi dans la tempête de la crise COVID et n’ont connu que la hausse. Les marchés peuvent aussi baisser !

Nous pensons qu’il faut alléger les valeurs de croissance et technologiques. Les valeurs fortement valorisées seront les premières à être pénalisées par une remontée des taux. Nous privilégions les valeurs cycliques : banques, assurances, produits de base, pétrole et gaz. Pour les plus téméraires, la Chine présente un point d’entrée intéressant pour du long terme. Nous conservons une bonne partie en cash afin de privilégier les achats sur repli.

Notre conservons notre allocation ETF pour le mois en cours. Notre modèle quantitatif n’indique pas de fonds à réorienter pour le moment. Le potentiel sur les expositions actuelles reste présent bien que plus réduit. Il ne faudra pas compter sur la même dynamique que celle que nous venons d’avoir sur un an.

Par Mickaël HILBÉ, Associé fondateur de Mon-Placement.fr

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