Détail d'un billet (Dollar)

L’oeil du CGPI : point de gestion du mois de septembre

Le contexte

Après le court répit de l’été, les marchés actions ont accéléré leurs baisses dans le mois de septembre. Signe que la tendance de fond est bien ancrée avec un fort pessimisme des opérateurs.

  • Le resserrement monétaire se poursuit partout dans le monde.
  • Les actions européennes commencent à être fortement décotées.
  • L’immobilier marque des signes de faiblesse.
  • Les taux poursuivent leurs remontées.

Nous livrerons un point macroéconomique complet dans les jours qui viennent dans le cadre du bilan trimestriel de nos gestions. Vous recevrez ce point bien entendu.

Ce mois-ci nous allons aborder les indicateurs pertinents que nous suivons pour essayer d’anticiper ou simplement d’y voir plus clair dans les mouvements de marchés actuels.

Bad news is good news

Sur le simple mois de septembre, la baisse des bourses se situe entre -9% et -11% sur les différents continents. Personne n’échappe à la remontée des taux. Cependant, en début de mois, le mardi 4 octobre, les principaux indices ont rebondi entre 3% et 4% sur une journée. La cause peut paraître déroutante pour des non-initiés à l’analyse macroéconomique. Pourtant, c’est bien des chiffres PMI (indicateur avancé d’activité) qui sont sortis en fort repli qui ont initié un élan de rebond boursier. D’autres événements ont complété cet enthousiasme avec la volte-face de politique de Liz Truss en Angleterre et le ralentissement de la hausse des taux de la banque centrale australienne.

Pourquoi diable de mauvais chiffres économiques font-ils revenir les investisseurs sur les actions ?

Nous expliquons depuis maintenant plusieurs trimestres que les économies du monde sont en surchauffe et que les banques centrales n’ont d’autres choix que de remonter rapidement les taux directeurs afin de ralentir les économies et d’enrayer l’inflation. Dès lors, des chiffres présentant un recul conséquent de l’activité témoignent que l’action des banques centrales est efficace. L’économie ralentit et va continuer de ralentir. Nous pouvons alors tabler sur une baisse de l’inflation. C’est l’ennemi public numéro qu’il faut combattre « quoi qu’il en coûte ».

Il y a fort à parier dans les mois qui viennent que tous les chiffres présentant une contraction et un ralentissement de l’économie seront interprétés comme un signal favorable pour les marchés actions.

Surveillez les nouvelles économiques, les mauvaises nouvelles seront bonnes pour vos portefeuilles boursiers.

Vivement la hausse du chômage

Il n’y a pas d’erreur ! Un des principaux indicateurs que la banque centrale américaine surveille est celui du chômage. Les États-Unis sont aujourd’hui au plein emploi avec taux de chômage autour de 3%. Il y a des tensions sur les salaires et des difficultés de recrutement. Le ralentissement des contraintes monétaires de la FED passera indéniablement par une hausse du chômage. Aujourd’hui les membres de la FED croisent les doigts pour que le chômage remonte…

Surveillez de près les chiffres de création d’emplois aux États-Unis. Dès qu’ils ralentiront, le dollar baissera et les marchés actions rebondiront.

Les taux directeurs dirigent le monde

Les taux directeurs sont en réalité les taux de refinancement appliqués par la banque centrale pour les banques commerciales de chaque pays. Il sert également à l’opposé pour le financement des dépôts de liquidités que font les banques commerciales auprès des banques centrales. Ainsi, qu’elles aient besoin de se refinancer ou bien de rémunérer leurs liquidités, les banques commerciales dépendent des taux directeurs des banquiers centraux.

Les actifs risqués comme les actions sont comparées et même valorisés par rapport au rendement des obligations. Les investisseurs de manière rationnelle attendent d’obtenir une rémunération suffisante pour prendre des risques sur les marchés actions. En effet, les obligations (sauf incident de crédit) assurent une rémunération certaine (le taux du coupon). Avec les taux qui remontent brutalement, les investisseurs ont une alternative de plus en plus intéressante sur les obligations en comparaison du marché actions.

La hausse brutale des taux entraîne une baisse simultanée du marché des actions (phénomène de compression des multiples de valorisation qui est un peu long à détailler) ET du marché des obligations. En effet, les nouvelles obligations émises rapportant plus que les anciennes, la valeur sur le marché secondaire des titres de créances déjà existants diminuent.

La hausse des taux entraîne une double baisse : actions + obligations.

Si vous surveillez l’évolution des taux directeurs, vous pourrez voir en temps réel le moment où le marché s’inversera significativement : lorsque les taux arrêteront de monter voire même lorsqu’ils baisseront.

L’inflation doit et va reculer !

L’inflation en zone euro atteint 10%. N’importe quel économiste ou analyste ayant projeté un tel scénario il y a deux ans serait passé pour fou ou incompétent ou les deux. C’est le principe des scénarios imprévisibles. Ils ne peuvent être anticipés et il faut donc agir en réaction.

C’est ce qu’ont fait les banques centrales partout dans le monde avec un timing et une volonté différente, mais elles ont toutes agi. Elles augmentent les taux !

On le constate aujourd’hui, la FED donne le « la » au reste du monde. Elle a un atout supplémentaire dans sa manche : le dollar. Le commerce mondial se fait en dollar et lorsque la FED augmente ses taux, elle valorise le dollar. Les autres pays du monde s’ils veulent défendre leur devise nationale doivent tenter au moins de suivre partiellement le mouvement.

Les composantes de l’inflation sont différentes en zone euro et aux États-Unis, mais globalement le fait de monter les taux va avoir un impact sur l’inflation. Il y a une inertie entre la politique monétaire et les chiffres d’inflation, mais nous pensons qu’une grande partie du chemin a été faite. La composante énergétique en Europe représente environ 40% de la structure de l’inflation. La bonne nouvelle c’est que le prix des matières premières a bien reculé depuis le pic du début du conflit en Ukraine.

Conjugués avec le ralentissement économique, nous allons avoir progressivement un recul de l’inflation. La question est d’en connaître le timing et l’amplitude.

Il faut donc surveiller de près les chiffres publiés de l’inflation ainsi que le taux de chômage. C’est une forme d’indicateur avancé de la tendance inflationniste. Si le chômage augmente, c’est que l’économie ralentit et que la pression devient plutôt baissière sur les prix.

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