Guerre-Ukraine | Les actualités économiques et financières

L’Ukraine devrait tomber sous contrôle Russe

  • Politique et géopolitique : L’invasion de l’Ukraine est maintenant une réalité. La prise de contrôle du pays n’est pas encore sûre, néanmoins, il est difficile de voir comment les Ukrainiens pourraient résister à l’armée russe. On ne peut qu’espérer que le drame humain ne soit pas d’une grande ampleur. Ce qui semble aujourd’hui certain, après les déclarations des Etats-Unis et de l’Europe, qu’il n’y aura pas d’intervention militaire de l’OTAN en Ukraine. Ainsi, sans ce soutien, la perte de cette guerre par l’Ukraine est une quasi-certitude. Ainsi, il est probable que « l’annexion » ou du moins la mise sous tutelle russe de l’Ukraine par la force va devenir une réalité. C’est un événement avec un sens historique profond et qui devrait marquer une phase assez tendue en Europe pour les années à venir. La Russie va subir un nombre important de sanctions économiques. Ces sanctions sont, pour l’instant, d’ordre essentiellement financier. Néanmoins, les Etats-Unis ont décidé de contraindre les transferts technologiques vers la Russie. Mais les détails de ces contraintes et la manière de leur implémentation ne sont pas parfaitement clairs. Concernant l’Europe, l’annonce faite hier sur des sanctions importantes à venir n’a pas été accompagnée de beaucoup de détails. Quels impacts auront ces sanctions, il est difficile à dire ? La Russie s’étant en partie préparée à certaines, notamment en réduisant drastiquement ses échanges liés au dollar. Pour l’instant, on n’a pas encore eu de riposte de la Russie à ces sanctions. Évidemment, l’arme la plus puissante dont elle dispose est de contraindre ses approvisionnements en énergie à l’occident et notamment à l’Europe. En même temps, la Russie a besoin des ressources financières en provenance de ces ventes, mais pourrait néanmoins en limiter une partie afin de créer un choc sur les marchés énergétiques. Au total, alors que la guerre de prise de contrôle de l’Ukraine par la Russie se poursuit, il est donc clair que malgré toutes les implications géopolitiques pour l’avenir, ce conflit devrait rester contenu. Seule l’Ukraine et sa population en payeront le prix. Néanmoins, du point de vue économique, de nombreuses incertitudes persistent, en partie sur les décisions que pourraient prendre les Russes sur les flux d’approvisionnement en énergie du monde et, avec le contrôle de l’Ukraine, la distribution du néon, ce gaz fondamental pour l’élaboration des puces électroniques et dont le pays à un quasi-monopole mondial.
  • Marchés : Dès la prise de connaissance que l’OTAN n’interviendrait pas et des sanctions annoncées, les marchés ont entamé un changement complet. Ainsi, les risques de guerre généralisée se sont dissipés et les fortes craintes sur une remontée brutale sur les prix de l’énergie se sont dissipées. Ceci a permis notamment à l’indice américain de renverser totalement la tendance pour finir la journée en territoire positif, avec notamment le NASDAQ affichant une hausse de plus de 3%. En même temps, les taux longs américains, regagnaient presque toute leur baisse, remontant vers 1,95% pour les échéances à 10 ans. L’or en revanche reste proche de ses plus hauts. Les marchés sont en train de nous dire que le scénario le plus probable est que la situation va se « ré-normaliser », et nous allons revenir à la situation d’avant le départ de cette crise. Reste évidemment l’inconnue du prix de l’énergie. Pour l’instant, on peut se dire que le marché a introduit seulement une prime de risque géopolitique avec les prix des barils de Brent ou du WTI toujours proches des plus hauts. Néanmoins, toute action de la Russie qui viendrait réduire les flux, ne serait-ce que faiblement, se traduirait par des nouvelles tensions fortes sur les prix. À ce stade, il semblerait donc bien que cette crise ne sera pas, comme semblait nous indiquer les mouvements violents de marché hier matin, une crise systémique. Le mouvement de réparation est en cours, mais évidemment beaucoup d’inconnues persistent, la première, encore une fois, est bien celle de l’évolution des prix de l’énergie. Si dans les semaines qui viennent, la situation continue de se stabiliser, du point de vue des conséquences macroéconomiques, il est probable que, notamment, le scénario de resserrement graduel de la politique monétaire reprenne la voie que nous anticipions au préalable.

L’Ukraine est soumise à d’intenses attaques et risque de passer sous le contrôle de la Russie. En effet, d’après les dernières informations, les attaques aériennes et au sol s’intensifient, visant notamment la capitale, Kiev, se sont intensifiées. Il est difficile de voir comment, l’Ukraine peut résister aux forces Russes, d’autant plus qu’elles contrôlent presque complétement l’espace aérien.

A ce stade nous n’avons pas d’information précises sur les prises de l’armée russe et surtout le degré d’intensité des combats, ni, de manière cruciale, des éventuelles pertes humaines.

Au total, Vladimir Poutine aura fait le « bon » calcul stratégique. L’Ukraine, isolée, sans le soutien de l’Otan risque bien d’être « annexée » ou du moins mise sous la tutelle du Kremlin. Les velléités de recherche de protection de l’occident, en notamment adhérant à l’OTAN passent complétement aux oubliettes. Le caractère impérialiste de la politique de Poutine sur l’ensemble des anciennes républiques de l’ex-Union soviétique prend une autre dimension.

Cet évènement historique, avec une invasion d’un pays en Europe ne sera pas sans conséquences sur la stabilité de la région et sur les décisions que notamment l’Union Européenne devra prendre pour sa sécurité dans l’avenir.

Concernant, les conséquences à plus court terme, le caractère contenu de la crise militaire, malgré le drame Ukrainien, ne devrait pas être de grande ampleur.

Par ailleurs, les sanctions imposées à la Russie n’auront évidemment aucun effet sur la situation géopolitique actuelle. Celles-ci ne vont pas provoquer le départ des troupes russes à courte échéances.

L’impact des sanctions sur l’économie russe peuvent évidemment affaiblir le président Poutine. Mais il n’est pas clair quel sera le vrai impact de celles-ci sur la trajectoire économique du pays. En effet, l’empêchement fait à la Russie et à son secteur bancaire d’accéder au marché du dollar, sera évidemment une contrainte, mais le pouvoir russe depuis des années semble s’être préparé à une telle éventualité, en réduisant fortement ses transactions en dollars. De fait la part du dollar dans les réserves de change du pays sont estimés à près de seulement 10% aujourd’hui. Pour preuve, la détention de Treasuries a été réduite de manière drastique.

Les mesures annoncées par les américains, n’intègrent pour l’instant pas l’interdiction, ni la limitation à l’accès du système bancaire ruse au système de transaction SWIFT, qui pourrait du coup créer des énormes problèmes de flux dans les flux financiers et compliquer fortement les transactions internationales du pays.

En ce qui concerne les sanctions européennes, in nous faut connaître les détails pour mieux analyser le potentiel impact.

Toutefois, tout en s’intéressant à l’économie russe et à la nécessité des sanctions pour les actes commis, il est évident que le vrai éléphant dans le magasin de porcelaine mondial est quelle sera la réaction russe à ses sanctions.

L’arme de l’énergie, aujourd’hui dans un marché énergétique mondial très tendu, est évidemment très puissante. Est-ce que la Russie va l’utiliser ? Il est difficile de le prédire.

Il est évident que toute restriction dans l’approvisionnement en énergie de la part de la Russie provoquera une envolée des prix car elle sera difficile de compenser par d’autres acteurs, si ce n’est l’Arabie saoudite.

Cet élément de fragilité restera avec nous à court et moyen terme. Surtout que la Russie sait que, si la transition énergétique prend la trajectoire souhaitée dans le monde, l’utilisation des énergies fossiles, notamment du pétrole, devrait s’accélérer dans les années à venir.  Donc une action aujourd’hui aura un effet très important.

Pour l’Europe, à court terme, elle est dans une situation de dépendance énergétique assez dramatique de la Russie. Ceci est évidement un élément de fragilité conjoncturel considérable. Ceci impose aux européens de revoir de manière urgete complètement leur feuille de route pour leur avenir énergétique en introduisant les éléments géopolitique d’indépendance que la réalité exige aujourd’hui.

Au total, il est probable que les marchés retrouvent les chemins qu’ils connaissaient avant cette crise, avec néanmoins les craintes importantes sur l’évolution des prix de l’énergie.

Nous continuons à privilégier une très grande sélectivité, avec encore plus d’acuité dans la recherche de titres donc les valorisations nous semblent attrayantes, car porteurs d’encore bonnes perspectives de croissance. Car en effet, malgré une grande prudence, nous pensons que compte tenu des circonstances, la croissance économique sera préservée en 2022, en dehors d’un choc pétrolier qui serait la conséquence de cette guerre.

Prec.
Richelieu AMERICA ESG : bilan 2021, convictions pour 2022
Suiv.
Etats-Unis: l’inflation continue à accélérer, les revenus des ménages stables en janvier