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L’Union européenne met au point une politique énergétique ambitieuse

Indépendance énergétique, neutralité climatique et usage d’énergies propres : trois objectifs majeurs s’imposent aux 27 États membres de l’UE.

Adopté au printemps 2022 pour les 15 prochaines années, le plan REPower EU doit permettre de surmonter la crise conjoncturelle. Il prépare l’avenir énergétique de l’Union européenne et de ses 447 millions d’habitants.

Contraints par le contexte géopolitique tendu et le marché de l’énergie, les 27 États membres de l’Union européenne se sont mis d’accord au printemps 2022 autour d’une politique commune de l’énergie. Sa mise en application se chiffre à 300 milliards d’euros.

Réinventer la souveraineté énergétique de l’Union européenne

La guerre en Ukraine a mis en avant la dépendance de l’Union européenne (UE) à l’égard des combustibles fossiles russes. Le premier enjeu de REPower EU est de rompre cet approvisionnement avant 2030. Pour l’heure, l’embargo de l’UE vers la Russie en place depuis le début de la guerre en Ukraine reste progressif. À fin septembre 2022, l’UE avait acheté pour 100 milliards d’euros de pétrole, de gaz et de charbon à la Russie, selon le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA). 

À lui seul, le gaz représente environ un quart de la consommation énergétique de l’Union européenne. Il est notamment utilisé pour le chauffage ou pour produire de l’électricité. Certains pays européens disposent de leurs propres ressources, comme les Pays-Bas et la Roumanie. Toutefois, leur production est insuffisante pour couvrir les besoins de l’ensemble des ménages et des entreprises du Vieux Continent. Dans ce contexte, l’UE s’est lancé dans une diversification des sources d’approvisionnement en gaz. Elle augmente ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL) auprès du Qatar, des États-Unis, de l’Égypte et de l’Afrique de l’Ouest. Elle diversifie aussi ses importations par gazoduc provenant de fournisseurs non russes, via l’Algérie et l’Azerbaïdjan.

Baisser la consommation d’énergie de l’UE : un moyen de réaliser des économies

L’UE œuvre à développer une plateforme qui permettrait de mutualiser les achats de gaz des États membres, sur la base du volontariat. Une politique européenne de stockage a également été mise en place. Elle doit permettre de faire face à de nouvelles coupures de l’approvisionnement en gaz russe. L’objectif est d’atteindre un niveau de stockage de 80%. Pour cela, Bruxelles impose de poursuivre les efforts pour baisser la consommation de gaz de 15% d’ici le printemps 2023. Tous les consommateurs sont concernés : administrations publiques, ménages, bâtiments publics, fournisseurs d’électricité, industries… Les campagnes de sensibilisation aux gestes individuels se multiplient. Selon la Commission européenne, baisser la température de son thermostat d’un degré permet d’économiser 10 milliards de mètres cubes d’importations gazières russes.

L’Union européenne vise la sobriété énergétique pour 2030

L’autre priorité fixée par l’Union européenne est d’accélérer la transition énergétique pour atteindre la sobriété. Le plan REPowerEU ambitionne de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55% d’ici à 2030. À ce titre, il convient de trouver des alternatives aux combustibles. L’UE entend mobiliser une partie des fonds du plan de relance européen Next Generation EU. Ce plan a été adopté en juillet 2020 pour faire face à la crise sanitaire. Il prévoyait 228,8 milliards pour financer la montée en puissance des énergies renouvelables (photovoltaïques, éoliens, biométhane) et le développement de l’hydrogène vert.

L’hydrogène vert, porteur de solutions pour une nouvelle politique énergétique ?

L’hydrogène est l’élément chimique le plus abondant dans l’univers. Il est invisible, inodore, incolore, ultra léger et non toxique.  À l’état naturel, on le trouve dans l’eau, le pétrole et dans le gaz naturel. L’hydrogène décarboné est une énergie complémentaire à l’électricité. Il est stockable et transportable à la demande et peut être utilisé en carburant des véhicules à moteurs. Il sert aussi à propulser la fusée Ariane, par exemple. Son principal atout est de ne pas générer d’émission carbone ou de particules fines. En outre, il permet des recharges extrêmement rapides  (20 minutes pour un bus à hydrogène contre 4 heures pour un bus électrique).

La France a saisi les enjeux stratégiques de cette énergie prometteuse. Elle a annoncé consacrer une enveloppe de 9 milliards d’euros pour développer la technologie hydrogène et sa production d’ici 2030. La France veut décarboner son industrie et la mobilité.

L’essentiel à retenir

  • Le plan REPower EU entend sortir de sa dépendance aux énergies fossile russes.
  • Cette transition nécessite de réaliser des économies d’énergies à grande échelle.
  • La France mène une stratégie d’investissement pour le développement de l’hydrogène décarboné.
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