Macro-économie | La revue de presse économique et financière

Macrocorner : La Fed ouvre la porte à une normalisation très progressive du soutien monétaire

Les marchés d’actions étaient comme suspendus cette semaine dans l’attente de la réunion des grands banquiers centraux à Jackson Hall. L’intervention de Jerome Powell est très attendue par les observateurs, même s’il est peu probable que sa tonalité soit différente de celle de la précédente réunion du Federal Open Market Committee (FOMC). Son intervention, intitulée sobrement  « Perspectives économiques », devrait faire le bilan des mesures de soutien et des progrès de l’économie sur le front de l’inflation et de l’emploi, modérés par l’impact du COVID sur le 3ème trimestre. Encore une fois, la réduction ou non des achats n’est plus l’enjeu, mais bien la date de début du programme et son rythme. Les commentaires récents de plusieurs membres votants et non-votants de la Fed ont conduit les brokers à ajuster leurs anticipations pour une annonce en novembre et une réduction des achats à un rythme modéré de 15 milliards de dollars US par mois à partir de décembre.

Ce changement d’orientation, bien que très progressif vers une neutralité monétaire, coïncide avec une réduction nette de l’impulsion budgétaire aux Etats-Unis et soulève des questions sur les perspectives des mois à venir. A ce titre, l’aplatissement de la courbe des taux américains depuis le printemps constitue un message de prudence. La baisse des taux longs (modulo les possibles impacts techniques liés à l’offre et à la demande de dettes) traduit la réduction des perspectives de croissance résultant du resserrement de la politique monétaire et interroge sur une éventuelle erreur d’appréciation de la Fed (serait-il trop tôt ?).

La séquence récente de résurgence des cas de COVID est venue corroborer ces craintes et a conduit à une révision en baisse des anticipations de croissance pour 2021, principalement par une baisse des prévisions sur le T3.

Pour autant, les perspectives de croissance restent soutenues, et un retour vers la croissance potentielle (1.5%-2% aux Etats-Unis et 1%-1.5% en Europe selon les estimations) ne devrait pas intervenir avant 2023.

La Chine, dont le ralentissement renforce les craintes sur la croissance mondiale, multiplie les annonces d’assouplissement monétaire ciblé après une phase très nette de réduction de l’impulsion du crédit. Ces annonces préfigurent d’une reprise du momentum macro au T4 2021 et au S1 2022.

Du côté des entreprises cotées, les très bonnes publications du T2 2021 ont conduit à des révisions en hausse massives des perspectives de résultats 2021 et 2022. Les résultats aux Etats-Unis et en Europe ressortent ainsi respectivement à 26% et 11% au-dessus des niveaux de 2019.

La question des goulets d’étranglement sur certains matériaux et composants conduit naturellement les investisseurs à s’interroger sur la soutenabilité des marges dans les trimestres à venir. A ce titre, les attentes ont déjà été revues en baisse pour le S2 2021. Il est toutefois important de noter que nombre de grands groupes sont « hedgés » contre la hausse des coûts matières/électricité et qu’ils ont annoncé des hausses de prix dans un contexte de demande forte. Il est donc plus probable que l’impact se fasse davantage sentir en 2022.

Il est intéressant de noter que le besoin de résolution de ce problème d’offre passe par des investissements plus élevés et donc par un cycle industriel plus long, ce qui est favorable pour la dynamique de demande du secteur.

En conclusion, plusieurs facteurs plaident pour une relative prudence dans les allocations et une approche équilibrée : l’impulsion monétaire et budgétaire va progressivement se réduire, ce qui constitue un facteur de volatilité sur les actifs risqués, les attentes sont élevées, ainsi que les valorisations.

Pour autant, le rythme de croissance va rester fort pendant encore plusieurs trimestres, ce qui constitue un environnement opérationnel favorable pour les entreprises et les marchés d’actions. Un cycle d’investissement long se déroule devant nous par la nécessaire reconstitution des stocks de matériaux indispensables à la production, ainsi qu’en réponse à l’obligation d’investir massivement pour répondre aux enjeux du changement climatique. Le thème des relances vertes est à ce titre toujours largement présent dans nos portefeuilles.

MICRO CORNER
Une saison des publications semestrielles explosive… Vers une normalisation en 2022

Depuis début juillet, les indices européens ont progressé de l’ordre de 3%, portés notamment par les très bonnes publications des sociétés et la poursuite des campagnes de vaccination à travers le monde. Le repli de mi-juillet sur fond de craintes du variant Delta, n’aura été que de courte durée.

La saison des résultats a été exceptionnelle : au sein du Stoxx 600 (290/305 sociétés ayant publié au 23/08/21), 57% des sociétés ont publié des bénéfices par action (BPA) supérieurs aux attentes, pour le deuxième trimestre (source : Société Générale). Les prévisions de BPA pour l’année 2021 ont continué d’être révisées en hausse d’environ 5%, et sont désormais attendues en hausse de 45% pour l’Euro Stoxx 50. Les secteurs les plus cycliques métaux & mines (+19%), banques (+12%), auto (+11%), chimie (+10%), oil & gas (+10%), aéro (+10%) ont été les plus révisés. Les bénéfices par action de l’Euro Stoxx 50 sont attendus 11% supérieurs au niveau de 2019.

Au sein des portefeuilles de Dorval AM par exemple, Schneider a publié au premier semestre, un chiffre d’affaires organique 6% supérieur à 2019 avec une marge opérationnelle de 17%, soit 2,5% de plus qu’il y a deux ans. Adidas a révisé en hausse ses prévisions avec une croissance de chiffre d’affaires prévue à +20% pour 2021.

Pour autant, les investisseurs sont surtout attentifs aux discours des sociétés pour les mois à venir. En effet, les chaînes d’approvisionnement continuent d’être perturbées par le manque de semi-conducteurs affectant la production automobile, les biens de consommation durables, l’électronique… L’épidémie qui sévit toujours fortement dans les pays d’Asie du Sud-Est perturbe la production de textile, chaussures… Les matières premières signent des records et les coûts de frêt ont été multipliés parfois par 5. Aux Etats-Unis le manque de personnel et les hausses de salaire sont aussi un point d’attention.

Ainsi l’inflation demeure un sujet de préoccupation, les sociétés doivent passer des hausses de prix pour compenser tout ou partie, ou bien les impacts sur les marges seront tangibles.

De bonnes publications n’ont pas toujours été saluées, à l’instar de celle de Seb qui a pourtant annoncé des hausses de prix pour le quatrième trimestre pour compenser les surcoûts mais les consommateurs suivront-ils ? Dans ce contexte, les BPA 2022 n’ont pas été revus en hausse, la croissance est attendue à +9% vs 2021.

A noter enfin la correction du secteur du luxe au mois d’août, de l’ordre de 15% (LVMH, Kering, Moncler) : le gouvernement chinois ayant annoncé vouloir une meilleure distribution des richesses pour une « prospérité commune », faisant craindre un fort ralentissement de la croissance du secteur.

Pour la rentrée l’attention sera portée sur l’évolution de l’épidémie de Covid-19 bien sûr, l’inflation, la gestion de l’arrêt progressif des mesures de soutien gouvernementales en Europe et aux Etats-Unis, ainsi que les discours des banques centrales quant à la visibilité sur une remontée des taux.

CORPO CORNER
Dorval AM affiche ses objectifs RSE, et publie sa feuille de route (2021-2024) Notre motto ? Donner de la valeur à vos valeurs !

Dans la relation entretenue avec ses parties prenantes et dans son activité au quotidien, Dorval Asset Management s’efforce d’adopter et de respecter les principes de loyauté, d’équité, de transparence ou encore de minimiser son impact environnemental

En tant qu’investisseur de long terme, nos équipes sont convaincues du rôle à jouer dans l’orientation de l’épargne financière vers une économie plus responsable et durable. Une transition pour laquelle notre engagement incite et influence les acteurs de l’économie réelle à adapter leurs pratiques environnementales, sociales et de gouvernance ; un statut d’investisseur responsable qui nous engage tant vis-à-vis de nos clients et partenaires qu’auprès des entreprises dans lesquelles nous prenons des participations.

La feuille de route RSE 2021-2024 affirme nos engagements en faveur d’un développement durable de nos activités et se décline au travers de 3 axes d’engagements, et 13 enjeux clés.

  • Axe n°1 | Cœur de métier : Renforcer notre statut d’investisseur responsable
  • Axe n°2 | Social : S’engager auprès de nos collaborateurs
  • Axe n°3 | Sociétal : Agir de manière positive au sein de notre écosystème

Nous visons 3 objectifs à horizon 2030 :

Atteindre plus de 95% des encours en intégration ESG / ISR
Contenir l’impact climatique : 80% des encours des fonds ouverts a minima alignés sur une trajectoire 2.0° pour 2050
Avoir favorisé la montée au capital des collaborateurs.trices de Dorval AM (attribution gratuite d’actions et/ou financement)

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