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Macroscope : La Banque du Japon prise en étau

Dans le sillage des pressions inflationnistes mondiales, toutes les banques centrales, à quelques exceptions près, orientent leurs politiques monétaires vers davantage de resserrement et engagent une lutte sans merci contre la hausse des prix. La Réserve fédérale américaine (Fed) à titre d’exemple vient de monter ses taux de 0,75% pour la seconde fois d’affilée, un mouvement très rare. Parmi ces exceptions, on trouve la Banque du Japon qui, en dépit d’un début d’inflation dans sa zone et d’un yen très bas par rapport au billet vert, ne change pas de cap et maintient une politique monétaire ultra-expansive. Comment l’expliquer ?

Une partie des raisons tient à l’histoire. Le Japon a souffert depuis trente ans d’une longue période de stagnation et de déflation, engendrée par les différentes crises qui se sont abattues sur son économie après l’éclatement de la bulle spéculative bicéphale – boursière et immobilière – à partir de 1990. Cette situation inédite a poussé la banque centrale japonaise à répondre par des mesures de même ampleur, dites non-conventionnelles. D’abord en abaissant progressivement les taux directeurs à zéro, ensuite en mettant en place le premier programme de rachats d’actifs, connu sous le nom de Quantitative Easing (QE), dans une optique d’injection de liquidités. Résultat, le Japon se retrouve aujourd’hui face à une dette publique stratosphérique, représentant 250% du PIB. Cette lourde contrainte laisse très peu de marge de manœuvre. En effet, le gouvernement japonais ne peut pas se permettre aujourd’hui de supporter un coût élevé du service de la dette. Par conséquent, la Banque du Japon adopte une politique de “Yield Curve Control” consistant à acheter des obligations de l’Etat de manière proactive afin de plafonner les rendements à des niveau très bas.

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