Macroscope : la peur gagne-t-elle les banques centrales ?

Coup sur coup, deux banques centrales viennent de surprendre les marchés en montant leurs taux directeurs moins qu’anticipé. D’autres éludent ou modèrent leurs mesures. Victoire contre l’inflation, ou peur de frapper trop fort ?

Regardons en détail. Le 4 octobre, la banque centrale d’Australie, confrontée à une inflation sous-jacente à plus de 6,6%, relève son taux de 25 points de base, contre 50 attendus. Son niveau est pourtant porté à 2,6%, alors que les Etats-Unis par exemple sont alors à plus de 3%, pour une inflation comparable. A cette nouvelle, les actions locales s’envolent, mais les investisseurs s’interrogent. Bonne nouvelle ou reculade ? Et surtout, est-ce le signal d’un infléchissement pouvant atteindre des banques centrales plus systémiques ?

Une réponse partielle fut donnée le 26 octobre par une autre banque du Commonwealth. Au Canada, le taux directeur est relevé de 50 points de base, à 3,75% au lieu des 4% attendus. Même surprise.

Au pays cœur du Commonwealth, dans un contexte politique certes particulier, la banque centrale d’Angleterre avait, elle aussi, surpris par des mesures d’apaisement du marché obligataire. Fin septembre, au lieu de commencer à dégonfler son bilan comme attendu, elle avait décidé de l’augmenter davantage en achetant dans l’urgence plusieurs milliards d’obligations d’Etat afin d’apaiser la volatilité sur les taux. Le 18 octobre, tout en confirmant son intention d’amorcer le dégonflement de son bilan début novembre, elle renonçait à se délester des obligations aux maturités les plus longues. Autre type de reculade.

Le 27 octobre, la Banque Centrale Européenne a monté ses taux de 75 points de base comme prévu, mais repoussé à décembre sa décision sur le resserrement du bilan, sans indiquer de date. Le marché obligataire a accueilli la nouvelle avec soulagement, le rendement du 10 ans allemand repassant sous les 2%, contre plus de 2,40% une semaine auparavant. Autre nuance d’inflexion.

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