Peur | Les actualités économiques et financières

Macroscope : Un si difficile changement d’état d’esprit

Une Banque d’Angleterre qui était intervenue en urgence pour limiter l’envolée des taux d’intérêt à la suite des annonces gouvernementales ; une Banque de réserve d’Australie qui a remonté ses taux moins qu’attendu et des chiffres macroéconomiques américains inférieurs aux attentes, avec une forte baisse des postes ouverts non pourvus au mois d’août : ce cocktail a provoqué la hausse violente des marchés actions en début de semaine dernière. Si ceux-ci avaient atteint des niveaux extrêmes de pessimisme, propices à ce type de rebond technique, cette salve d’actualités a surtout réveillé l’espoir auquel les investisseurs tentent de s’accrocher : celui d’un pivot des banques centrales, autrement dit la fin prochaine des politiques de resserrement monétaire. Rapidement, les marchés ont d’ailleurs à nouveau anticipé une baisse des taux, lors du premier semestre 2023.

Une fois de plus, cet espoir était exagéré et, une fois de plus, il a rapidement été douché. Par les chiffres macroéconomiques, d’une part, notamment un rapport sur l’emploi américain toujours très solide pour le mois de septembre. Mais aussi et surtout par les discours des banquiers centraux, en particulier américains, qui ont de nouveau martelé un discours très offensif. Loretta Mester et Mary Daly, respectivement gouverneur de la Fed de Cleveland et de la Fed de San Francisco, ont ainsi indiqué n’anticiper aucune baisse des taux directeurs en 2023. Elles n’ont pourtant rien dit de très nouveau, mais cela a suffi pour mettre un coup d’arrêt au rebond des marchés, car, au fond, celui-ci reposait sur la difficulté des investisseurs d’admettre que les banques centrales ne soient plus l’inébranlable soutien qu’elles furent ces dernières années.

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