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Marchés actions : En mai, défais ce qu’il te plaît…

Les marchés actions continuent de corriger, avec une septième semaine de baisse sur le S&P500, la plus longue séquence de baisse depuis 2001.

Les marchés financiers demeurent volatils et affichent des variations intra-quotidiennes massives. Cette nervosité reflète l’ampleur des incertitudes et des doutes qui se sont emparés des opérateurs. Alors que la Réserve fédérale, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre durcissent le ton et vont augmenter leurs taux directeurs puis réduire la taille de leurs bilans, la Banque du Japon reste de marbre tandis que la Banque populaire de Chine diminue son taux de référence pour les prêts hypothécaires à 5 ans afin de soutenir son économie. A cette exception près, le durcissement des politiques monétaires destiné à mettre un terme à la poussée de fièvre inflationniste intervient alors que la croissance ralentit partout et provoque des révisions baissières généralisées des anticipations. Les tensions géopolitiques ne connaissent pas de trêve. 

La Finlande et la Suède ont demandé d’adhérer à l’OTAN : la Turquie y est hostile. Les tensions sino-américaines au sujet de Taïwan ne faiblissent pas. Les courbes souveraines varient peu : l’Italie se distingue en voyant son écart de taux avec l’Allemagne augmenter et atteindre le niveau de mai 2020. 

Mario Draghi presse les partenaires de sa coalition afin qu’elle accepte de mettre en oeuvre les réformes dont le pays a besoin pour pouvoir bénéficier de fonds européens. Une crise politique serait particulièrement malvenue dans le contexte actuel. Le marché primaire des obligations privées est très actif : les émetteurs offrent des concessions pour pouvoir placer leurs émissions. Les marchés d’actions sont orientés à la baisse (-3% aux Etats-Unis, -1% en Europe). L’euro contre dollar rebondit depuis son plus bas du 12 mai dernier : plusieurs officiels de la BCE s’émeuvent de sa faiblesse qui contribue à renforcer la pression inflationniste. Il est encore prématuré de tabler sur un rebond des classes d’actifs risquées (actions, obligations à haut-rendement, obligations à duration élevée…). Tant que l’évolution des prix ne s’orientera pas à la baisse, tant que nous craindrons des effets de second tour (spirale prix/ salaires) susceptibles de peser sur les marges des entreprises, tant qu’il ne sera pas mis fin à la guerre en Ukraine, tant que la Chine ne parviendra pas à maîtriser la pandémie, il faudra demeurer prudent. 

La tentation est cependant grande de se repositionner dès à présent, eu égard aux corrections déjà enregistrées, mais l’histoire nous a appris que les phases de marchés baissiers pouvaient durer. Il convient de garder à l’esprit le vieil adage boursier : « on ne rattrape pas un couteau qui tombe ». 

Enfin, en France, Emmanuel Macron a mis fin au suspense en nommant Elisabeth Borne Première ministre. Cette fidèle du Président de la République prend la tête d’une équipe compacte à trois semaines du premier tour des législatives. Bruno Le Maire conserve son poste de ministre de l’Economie et des Finances. Les marchés tablent sur une victoire de Renaissance et de ses alliés : une issue différente provoquerait des turbulences majeures. Les thématiques liées au pouvoir d’achat, à la transition énergétique et écologique, à la réforme des retraites seront au coeur de la campagne des législatives qui s’ouvre.

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