Marchés financiers : Un mois de février fort, trois points à retenir

Les marchés financiers ont récemment connu une période remarquablement positive, ce qui se révèle être une bonne nouvelle pour les investisseurs. Ces quatre derniers mois, la tendance a été à la hausse, avec le S&P 500 qui a enregistré une augmentation de 5 % le mois dernier, marquant ainsi sa cinquième plus forte progression pour un mois de février depuis 1980. Parallèlement, le marché mondial des actions a atteint un niveau record, plusieurs indices boursiers majeurs, comme le DAX allemand, le CAC français et le Nikkei japonais, ayant franchi des sommets historiques.

Malgré ces performances impressionnantes, le marché de février n’a pas été sans failles. Les obligations ont subi la pression d’une nouvelle hausse des taux, et les avantages de la diversification dans différentes classes d’actifs, au-delà des actions américaines à grande capitalisation, n’ont pas été clairement démontrés. Ces lacunes peuvent être perçues comme des opportunités pour les investisseurs pour le reste de l’année.

De plus, pour le quatrième mois consécutif, le marché mondial des actions a affiché un rendement positif, avec une performance de 4,1 % en février. Cette période a été marquée par des bénéfices élevés et des indicateurs économiques encourageants, qui ont dissipé certaines craintes d’une récession imminente et repoussé les attentes de baisse des taux à plus long terme. Cependant, il reste à déterminer si cette tendance haussière est durable ou si elle est fragile et instable, avec un risque accru de retournement de situation.

Voici trois points à retenir de l’évolution des marchés en février : 

1. Performance mondiale positive des marchés en février, les États-Unis mènent la course

Toutes les régions ont affiché des rendements positifs en février. Les États-Unis sont en tête du peloton avec un rendement de 5,2 %. Cela résulte d’une solide saison de résultats au cours de laquelle les sociétés à grande capitalisation comme Nvidia et Meta ont supporté la plus grosse charge, grimpant de l’ordre de 25 %.

Les régions Asie et Marchés émergents ont enregistré des performances respectives de 3,9 % et 4,6 %. Ces chiffres proviennent principalement des performances positives de la Chine. La Chine est généralement confrontée à des difficultés, mais elle a connu une certaine dynamique positive depuis le Nouvel An lunaire. Pour la région Asie, le Japon a également contribué aux chiffres verts.

L’Europe arrive en dernière position mais toujours avec un joli rendement de 1,8%. De grandes sociétés comme Novo Nordisk et ASML ont également tiré l’Europe dans la bonne direction, bien qu’à un rythme plus lent que les méga-capitalisations américaines.

2. Renaissance des secteurs discrétionnaires et technologiques en février : Signes d’une confiance croissante dans l’expansion économique

Après un rendement négatif en janvier, la consommation discrétionnaire est le secteur le plus performant en février, avec un rendement de 7,5 %. On peut suggérer qu’il s’agit d’un signal allant dans le sens d’un marché poussant les anticipations de baisse des taux à plus tard dans le futur, c’est-à-dire que si l’économie se porte bien, ce sera plus tard dans l’année.

Les technologies de l’information rapportent 6,1 %, grâce aux bonnes performances d’entreprises comme Microsoft. Les produits industriels arrivent en troisième position avec 5,6 %. Les services publics ont été le secteur le moins performant et le seul en retrait, avec une baisse de –1,3 %.

La bonne performance des petites capitalisations sensibles à la croissance en février et le dynamisme du secteur de la vente au détail, stagnant depuis deux ans, indiquent que les investisseurs gagnent en confiance quant à la pérennité de l’expansion économique. Bien que nous soyons optimistes quant à la continuité de ce cycle, nous nous attendons à un ralentissement de la croissance et des rendements obligataires dans les trimestres à venir. Néanmoins, février a démontré que si les rendements augmentent pour des raisons positives (une croissance économique renforcée plutôt que des hausses de taux de la Réserve fédérale), les actions peuvent se distinguer favorablement dans ce contexte.

3. Opportunités d’investissement émergentes dans un contexte de hausse des rendements obligataires

La hausse des rendements offre une nouvelle opportunité d’investissement. En février, la baisse des prix des obligations Investment Grade[1] a partiellement compensé les gains des portefeuilles équilibrés. Cette tendance est due aux surprises à la hausse dans les indices des prix à la consommation et à la production en janvier, ainsi qu’à un changement dans les attentes de baisse des taux. La croissance économique robuste et les derniers soubresauts de l’inflation signifient que la Réserve fédérale américaine (Fed) ne se précipitera pas pour assouplir sa politique. En conséquence, les six baisses de taux anticipées par les marchés en début d’année ont été réduites à trois. Selon moi, l’inflation devrait continuer à baisser, tirée par un ralentissement attendu des coûts du logement et une croissance salariale plus modérée. 

L’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE[2]), la mesure préférée de l’inflation par la Fed, est resté en dessous de 3 % au cours des deux derniers mois et pourrait se rapprocher de l’objectif de 2 % d’ici la fin de l’année. Ce ralentissement anticipé devrait permettre à la Fed de commencer à réduire les taux, peut-être dès juin, et de procéder à trois ou quatre baisses.

Avec des attentes des investisseurs désormais alignées sur ce que nous considérons comme une trajectoire plus réaliste des taux, je perçois une autre occasion d’allonger la durée des portefeuilles d’obligations à revenu fixe. Bien que je ne minimie pas le risque que l’inflation se stabilise à un niveau supérieur à celui que les décideurs jugent acceptable, je pense que le rebond observé dans les obligations en fin d’année dernière pourrait bien n’être que le début d’une tendance plus large. Alors que la Fed s’engage dans un cycle pluriannuel de baisse des taux, la tendance générale des taux sera à la baisse. Pour ceux qui sont surpondérés en dépôts à terme et en obligations à court terme, je recommande de profiter de la hausse des rendements en février pour rééquilibrer les allocations vers des obligations à moyen et long terme.

Termes et définitions
1. Investment Grade ( Investment Grade ) L'expression "Investment Grade" (en français, "notation de qualité d'investissement") fait référence à la catégorie de qualité attribuée par les agences de notation aux obligations et aux émetteurs d'obligations.
2. PCE ( PCE ) L’indicateur PCE, ou “Personal Consumption Expenditures”, est une mesure statistique de la consommation personnelle des ménages aux États-Unis.…
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