Dans sa tribune, Alain Pitous revient sur une séance de marché particulièrement mouvementée. Le 1er août 2025 marque peut-être un tournant : le S&P 500 a chuté de 1,6 %, sa plus forte baisse depuis mai, et le CAC 40 a décroché de près de 3 %. En cause : un rapport sur l’emploi américain alarmant — seulement 73 000 créations de postes et des révisions massives à la baisse sur les mois précédents —, couplé à des tensions géopolitiques et une politique économique américaine jugée erratique. Les marchés obligataires ont réagi immédiatement, anticipant deux baisses de taux par la Fed d’ici la fin de l’année. L’incertitude autour des droits de douane et la résilience de l’inflation obligent désormais les investisseurs à revoir leurs scénarios de croissance et de valorisation.
La journée d’hier est elle un tournant sur les marchés ?
Beaucoup d’événements se sont coagulés pour peser sur les marchés : Le S&P 500 -1,6%, sa plus forte baisse depuis mai, dans un contexte de préoccupations croissantes concernant le marché de l’emploi et les tensions géopolitiques…notre CAC a perdu près de 3%
Le rapport sur l’emploi de juillet a révélé un net ralentissement, avec seulement 73 000 créations de postes, bien en-deçà des attentes. Plus inquiétant encore, les révisions des deux mois précédents ont effacé près de 260 000 emplois. Sur les trois derniers mois, la moyenne des créations d’emplois n’atteint que 35 000 postes, un signal préoccupant pour l’économie américaine…la politique économique hasardeuse de Trump provoque un attentisme logique (il n’y a aucun plan…)
Cette situation a provoqué une réaction immédiate sur le marché obligataire, les rendements à deux ans plongeant de 28 points de base à 3,68%. Les marchés anticipent désormais deux baisses de taux en 2025, avec une probabilité de 90% pour une première baisse dès septembre.
Le contexte politique ajoute une couche de complexité. Les nouvelles menaces tarifaires de l’administration Trump, avec des droits de douane moyens autour de 15% – les plus élevés depuis les années 1930 – créent une incertitude supplémentaire. Cette situation va freiner le commerce mondial et alimenter l’inflation.
La Fed se trouve dans une position délicate : gérer un marché du travail qui s’essouffle tout en surveillant une inflation qui reste préoccupante. Comme le souligne Ellen Zentner de Morgan Stanley Wealth Management : « Ce qui semblait être un marché du travail inébranlable montre désormais des signes de faiblesse. »
Les marchés, qui avaient atteint des sommets historiques portés par l’enthousiasme autour de l’IA et les signes de désinflation, doivent maintenant composer avec cette nouvelle réalité. La volatilité, mesurée par le VIX, a dépassé le seuil des 20, traduisant l’inquiétude croissante des investisseurs même si elle reste finalement sur des niveaux nettement plus bas qu’en avril dernier.
Le débat se concentre désormais sur la rapidité et l’ampleur de la réponse de la Fed face à ce ralentissement économique, tout en gardant un œil attentif sur l’inflation et les tensions commerciales internationales. Nous verrons rapidement si les bons résultats (jusqu’à maintenant) suffiront à soutenir les marché actions !