Igor de Maack (Vitalépargne) rappelle que 2025 n’a plus grand-chose à voir avec les dollars poussiéreux des westerns : entre les plans d’investissement saoudiens, la rémunération potentielle d’Elon Musk et l’ascension fulgurante de Nvidia, les montants se chiffrent désormais en milliers de milliards. Derrière ces excès, la microéconomie reste pourtant solide : le moral des entreprises européennes se redresse et les investisseurs rééquilibrent leurs portefeuilles après la correction des valeurs IA. Pour la fin d’année, les banques françaises et les petites capitalisations pourraient tirer leur épingle du jeu, surtout si l’Europe profite d’un apaisement géopolitique en 2026.
Dans le western sorti en 1966, dont le cowboy principal est interprété par Clint Eastwood, il est question de chasseurs de primes, d’avidité et donc de dollars. En 2025, ce ne sont plus quelques dollars, mais des milliers de milliards de dollars que l’on investit, que l’on distribue ou que l’on valorise.
L’Arabie saoudite vient d’ailleurs d’annoncer un investissement de mille milliards de dollars aux États-Unis. Mille milliards de dollars, c’est aussi la rémunération promise sous conditions à Elon Musk. Mille milliards de dollars, c’est également l’appréciation de capitalisation boursière du géant technologique Nvidia depuis l’été. Et enfin, mille milliards… d’euros… cette fois-ci, c’est l’accroissement de la dette publique française depuis 2017.
Ces chiffres macro-astronomiques ne doivent pas faire oublier la microéconomie et la relative résilience des entreprises. En zone euro, le moral des investisseurs s’est amélioré plus que prévu en octobre, selon une enquête d’octobre 2025, alors que le sentiment économique mondial s’est redressé malgré le « shutdown » américain qui a pris fin après une durée record de six semaines.
Aux États-Unis, la correction récente des titres liés à l’intelligence artificielle rappelle que les performances boursières ne sont ni éternelles ni garanties. Plus une valeur est chère, plus les attentes sont fortes, plus les déceptions sont punitives. Par ailleurs, certains investisseurs ont besoin de prendre une partie de la surperformance sur ce segment de la cote. À ce titre, le NASDAQ Composite a vu sa performance doubler en trois ans et atteindre près de +400 % sur les dix dernières années. Depuis sa création, il affiche une performance annualisée de près de 10 % (avec une volatilité de près de 30 % depuis les années 2000).
En fin d’année, il n’est plus question de réaliser des arbitrages importants. Il convient de prendre une partie de ses performances et de redistribuer ses positions sur des actions à potentiel. Les banques françaises font toujours figure de candidates à la surperformance. De façon humoristique et dans le contexte de son époque, l’écrivain Jean-Jacques Rousseau disait que « le bonheur dans la vie était d’avoir un bon compte en banque, une bonne cuisinière et une bonne digestion ». Par ailleurs, certains titres dans les petites et moyennes capitalisations boursières recèlent encore du potentiel.
Si le conflit en Ukraine trouvait les voies d’une paix en 2026, les investisseurs internationaux pourraient revenir de manière massive sur les actions européennes, encore à la traîne par rapport aux actions américaines.
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