Multilatéralisme : la fin d’un cycle

Le multilatéralisme, autrefois garanti par les États-Unis en tant que fournisseur de biens publics mondiaux, vacille sous l’effet conjugué de la montée en puissance de la Chine et du virage unilatéral de Washington. Les négociations bilatérales imposées par Donald Trump, la remise en cause du rôle du dollar et l’abandon par les États-Unis de leur position d’« hégémon bienveillant » marquent un tournant historique. Chaque puissance tend désormais à imposer ses propres règles, fragilisant le cadre collectif. Pour Philippe Waechter, le mouvement paraît irréversible : la Chine ne reviendra pas en arrière et les États-Unis refusent d’assumer leur rôle passé. À l’Europe d’inventer un nouveau cadre, au risque sinon de subir une montée des tensions qui pourraient devenir conflictuelles.
L'inflation représentée par un homme observant des graphiques de performances
©Fibee

Le multilatéralisme, autrefois garanti par les États-Unis en tant que fournisseur de biens publics mondiaux, vacille sous l’effet conjugué de la montée en puissance de la Chine et du virage unilatéral de Washington. Les négociations bilatérales imposées par Donald Trump, la remise en cause du rôle du dollar et l’abandon par les États-Unis de leur position d’« hégémon bienveillant » marquent un tournant historique. Chaque puissance tend désormais à imposer ses propres règles, fragilisant le cadre collectif. Pour Philippe Waechter, le mouvement paraît irréversible : la Chine ne reviendra pas en arrière et les États-Unis refusent d’assumer leur rôle passé. À l’Europe d’inventer un nouveau cadre, au risque sinon de subir une montée des tensions qui pourraient devenir conflictuelles.

La recomposition politique du monde se dessine jour après jour. Les négociations bilatérales voulues par Trump, la réunion de Shanghai autour de Xi Jing Ping ou encore l’alliance, autour d’un dîner, entre la Tech américaine et la Maison-Blanche sont autant de signaux d’un renouveau de l’équilibre politique global.

2 dimensions à cette recomposition.

  • L’une concerne les rapports entre les États,écorne le multilatéralisme et définit une nouvelle hiérarchie
  • L’autre est technologique reflétant les liens forts de la Tech américaine avec la Maison Blanche mais aussi le rayonnement et la concentration de celle-ci.

Une nouvelle hiérarchie

La globalisation conditionnait les décisions de chaque pays à son adéquation au cadre global. Les choix pour être efficaces devaient être cohérents avec un environnement plutôt coopératif et coordonné.

Depuis la pandémie, ces choix sont davantage conditionnés par des objectifs internes. Les politiques industrielles traduisent ce changement de cap.
L’Inflation Réduction Act puis la politique tarifaire aux Etats-Unis traduisent cette volonté de capter la production sur le territoire américain.

La politique d’involution chinoise signale aussi un phénomène local. Cette politique vise à rééquilibrer un système de plus en plus puissant mais de moins en moins efficace.
L’Europe est plus neutre. Le moment Draghi associé à la publication du rapport de l’ancien président de la BCE n’a pas provoqué une rupture aussi significative. Son auteur,un an après,est un peu déçu des résultats.

Quelles conséquences ?

Le cadre redéfinit la hiérarchie entre les États.

Les USA sont très actifs puisque là-bas, l’objectif est d’accroître la production locale à tout prix. Cela s’est traduit par deux éléments depuis le retour de Trump à la Maison Blanche.

  • Des négociations bilatérales après l’annonce de mesures tarifaires. Les USA sont sortis du cadre multilatéral indiquant que les règles, vues de Washington, ne doivent pas être les mêmes pour tous. L’objectif ultime est de produire aux USA. Les taxes récentes sur les produits pharmaceutiques à 100% vont dans ce sens. L’application spécifique à ce secteur est un moyen de hiérarchiser entre ceux qui produiront les médicaments et les autres. Dans un monde qui vieillit c’est stratégique.
  • Les pays qui négocient doivent aussi payer leur tribut. Le Japon doit investir 550 milliards de dollars en laissant le choix de l’investissement et 90% des revenus à la Maison Blanche et aux Américains. L’Europe doit payer son écot de 600 milliards et plus récemment la Corée du Sud 350 milliards. La servitude coûte chère et définit explicitement une nouvelle hiérarchie entre les USA et ses obligés.

En acceptant ces conditions et celles relatives aux dépenses militaires,les pays occidentaux se vassalisent et conditionnent davantage leur choix à venir aux choix américains.

Sur le même sujet :

Prec.
Tarifs américains : l’Europe limite la casse
Entreprises > L'actualité économique et financière

Tarifs américains : l’Europe limite la casse

Selon l’analyse de Guillaume Derrien (BNP Paribas), l’impact des nouveaux droits

Suiv.
Croissance mondiale : les US tiennent, l’Europe patine
Bureaux > L'actualité économique et financière

Croissance mondiale : les US tiennent, l’Europe patine

Dans son analyse, Matthieu Bailly (Amplegest) souligne que la croissance

Vous avez aimé cette publication ?



Publier sur la Fibee Academy

Faites nous parvenir votre proposition de publication et nous vous contacterons à réception.
Pour toutes questions, merci de nous contacter sur academy@fibee.fr.

En envoyant votre publication via ce formulaire, vous autorisez Fibee à la lire, la corriger si nécessaire et la publier sur son site, toujours en mentionnant votre nom. Vous restez pleinement propriétaire de votre travail : vous conservez tous vos droits d’auteur et pouvez réutiliser votre texte où bon vous semble. L’article publié reste sous votre responsabilité exclusive ; Fibee ne peut être tenu pour responsable du contenu que vous soumettez. Soumettre un texte ne garantit pas automatiquement sa publication, mais notre équipe s’engage à vous faire un retour bienveillant et transparent. Votre contribution doit être personnelle, respecter les règles de citation et ne contenir aucun propos diffamatoire, discriminatoire ou contraire à la loi.