Banque Centrale Européenne | Les actualités économiques et financières

MyStratWeekly | BCE : flexibilité, optionalité, gradualisme… jusqu’en juin ?

Malgré l’inflation, la BCE insiste sur la nécessaire flexibilité de sa politique. 

Le T-note et le Bund connaissent une volatilité considérable avec une amplitude hebdomadaire des variations de taux proche de 20 pb. Cette volatilité est symptomatique de l’incertitude entourant l’ampleur du resserrement monétaire nécessaire pour assurer l’ancrage de l’inflation au niveau des cibles des banques centrales. Aux Etats-Unis, les membres de la Fed se sont succédés depuis plusieurs semaines pour annoncer le début du resserrement quantitatif et un relèvement des taux de 50 pb en mai. L’inflation est ressortie à 8,5% en mars. La fermeté du dollar réduit quelques pressions sur les prix des biens de consommation importés, de sorte que l’indice sous-jacent ralentit à 0,3% sur le mois. Les ventes au détail sont restées solides en mars (+17,7% en rythme annualisé au T1 22) mais la hausse de l’essence oblige à des arbitrages d’autant que la consommation de biens reste anormalement élevée. Les enquêtes d’activité (Empire à +24 en avril) et le rebond de la confiance des ménages sont de bon augure. 

En zone euro, l’inflation est préoccupante à 7,5% en mars et requerrait sans doute une politique monétaire réellement restrictive. Or la BCE est confrontée à un risque conjoncturel accru par la guerre en Ukraine. La confiance des ménages et des entreprises s’infléchit. Les enquêtes auprès des banques indiquent un durcissement des conditions de crédit au premier trimestre, qui devrait se traduire par un ralentissement de la distribution de crédit. La conférence de presse du 14 avril aura été l’occasion pour Christine Lagarde de rappeler la flexibilité, le gradualisme et l’optionalité qui caractérisent les programmes d’achats d’actifs de la BCE. L’APP se réduira de 40 Mds € en avril à 20 Mds en juin mais une prolongation au T3 est envisageable. Le recours à l’enveloppe restante du PEPP (environ 150 Mds €) est aussi possible sous conditions. La première hausse des taux interviendra après l’arrêt du QE, sans indication plus précise. En outre, la communication de la BCE ignore totalement la faiblesse de l’euro. La monnaie unique plongeait sous 1,08 $ pendant le discours de Christine Lagarde. Des rumeurs faisaient pourtant état d’un consensus au sein du Conseil des gouverneurs pour un relèvement des taux dès le mois de juillet. Rien n’est moins sûr. En juin, la BCE abaissera probablement sa projection de croissance et rehaussera l’inflation prévue. Les marchés scruteront la virgule de la projection d’inflation pour 2024 qui conditionne la hausse des taux. Le risque de récession est déjà palpable en Allemagne. Christine Lagarde a aussi réfuté les spéculations quant à un nouveau dispositif de stabilisation des marchés… tout en soulignant que la BCE pouvait intervenir rapidement (cf. SMP, PEPP). Quant au risque politique en France, une intervention parait inconcevable. 

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