Or : reflet d’un nouveau consentement à l’inflation

Dans sa dernière chronique, Véronique Riches-Flores (RichesFlores Research) analyse la flambée du cours de l’or à la lumière d’un phénomène profond : l’acceptation croissante de l’inflation par les décideurs économiques. Jadis perçue comme un mal absolu — la fameuse « pâte dentifrice » impossible à remettre dans son tube selon Karl Otto Pöhl —, l’inflation devient aujourd’hui un outil tacite de gestion des dettes publiques et de soutien aux politiques de transition.
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Dans sa dernière chronique, Véronique Riches-Flores (RichesFlores Research) analyse la flambée du cours de l’or à la lumière d’un phénomène profond : l’acceptation croissante de l’inflation par les décideurs économiques. Jadis perçue comme un mal absolu — la fameuse « pâte dentifrice » impossible à remettre dans son tube selon Karl Otto Pöhl —, l’inflation devient aujourd’hui un outil tacite de gestion des dettes publiques et de soutien aux politiques de transition.

En 1980, Karl Otto Pöhl, alors président de la Bundesbank, avait comparé l’inflation à de la pâte dentifrice, qu’il était impossible de faire rentrer dans son tube une fois qu’elle en était sortie. Mal absolu depuis le premier choc pétrolier, l’inflation était devenue la bête noire des responsables économiques. Les temps ont changé. Derrière l’engagement affiché par les banquiers centraux pour prévenir toute résurgence inflationniste depuis les débordements post-covid de 2022-2023, se profile une certaine indulgence à l’égard de l’inflation. Il y a plusieurs explications probables à ce changement.

La première est historique. On attribue volontiers au monétarisme et à l’indépendance des banques centrales nés de l’hyperinflation des années soixante-dix, la maîtrise de l’inflation à partir du milieu des années quatre-vingt. Un mal curable devient, de facto, moins menaçant.
La seconde est générationnelle. Face au vieillissement démographique, l’inflation est, en théorie, un risque réduit par rapport à son opposée, la déflation, que le monde développé a combattue tout au long de la décennie écoulée. Après avoir déployé des moyens inédits pour lutter contre ce fléau, le retour d’un régime plus inflationniste est généralement perçu comme plus acceptable.

La troisième est circonstancielle, liée au constat de plus en plus répandu que le retour à des niveaux d’endettement plus soutenables ne pourra se faire sans une inflation structurellement plus élevée que celle de la cible de 2 % jusqu’alors privilégiée par les banques centrales. De fléau, l’inflation devient progressivement outil, en l’occurrence le seul à même d’autoriser le déploiement des politiques structurelles recherchées par les gouvernements du monde entier face aux défis en présence. Son acceptation est d’autant plus facile que l’inflation d’aujourd’hui ne se fait pas en priorité au détriment de la croissance des bénéfices des entreprises, comme c’était le cas dans les années soixante-dix, mais en constitue de plus en plus souvent la ressource.

Ces évolutions expliquent non seulement l’envolée des cours de l’or mais les raisons pour lesquelles leur caractère erratique de ces derniers jours, ne sonne probablement pas encore le tocsin du métal jaune, quand bien même, après une multiplication par 2,5 de sa valeur en moins de trois ans, l’or mérite bel et bien la consolidation en cours.

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