La baisse des prix du pétrole en 2025 représente un choc d’offre positif pour l’économie mondiale. François-Xavier Chauchat souligne que la chute du prix du pétrole en 2025 constitue un véritable choc d’offre positif pour l’économie mondiale. Grâce à une offre largement excédentaire — près de 2,2 mbj en 2025, potentiellement 4 mbj en 2026 selon l’AIE — les prix ont reculé d’environ 15 % depuis le début de l’année, malgré un contexte géopolitique tendu.
La baisse des prix du pétrole en 2025 représente un choc d’offre positif pour l’économie mondiale. En limitant l’inflation, un pétrole moins cher permet aussi d’améliorer le statut de valeur refuge des obligations d’Etat en cas de correction sur les marchés des actions.
Malgré les risques géopolitiques, le prix du pétrole aura baissé d’environ 15% depuis le début de l’année, essentiellement grâce à l’abondance de l’offre (graphique 1). Dans son dernier rapport annuel, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) suggère que cette abondance pourrait s’accentuer : selon ses calculs, l’offre excédentaire passerait de 2,2 millions de barils par jour en 2025 à près de 4 millions en 2026.

C’est le changement de stratégie de l’OPEP opéré à partir d’avril 2025 qui explique en grande partie cette situation. Au lieu de s’en tenir au plan gradualiste de hausse de l’offre décidé fin 2024, l’OPEP et ses alliés ont remonté nettement leur production dès le début de l’année 2025 (graphique 2). Un affaiblissement de la discipline, la baisse des stocks et la volonté de limiter la concurrence des pays produisant à coûts plus élevés, comme les Etats-Unis, font partie des raisons souvent évoquées pour ce revirement.

Selon une étude récente publiée par la BCE, la plupart des indicateurs qui ont par le passé bien anticipé la production de l’OPEP restent orientés vers une remontée de l’offre : bas niveau des stocks, concurrence des pays non-OPEP et moindre poids de l’Arabie Saoudite. Cette même étude calcule que si l’Arabie Saoudite produisait à pleine capacité, le prix du pétrole perdrait encore environ 10%.
Au cours actuel, le prix réel du pétrole, ajusté de l’évolution de l’inflation, se situe déjà nettement en dessous de sa moyenne depuis le début du siècle (graphique 3). Une baisse supplémentaire de 10% amènerait le prix réel de l’or noir à des niveaux rarement atteints depuis 2000, encore plus favorables aux pays consommateurs.

Dans un contexte déjà moins inflationniste que ce que la guerre commerciale de Donald Trump laissait craindre, la modération du prix de pétrole et les perspectives favorables de l’offre améliorent les perspectives du couple croissance/inflation. Si la croissance déçoit, les banques centrales pourront plus facilement baisser les taux d’intérêt, et, si la croissance surprend au contraire à la hausse, elles auront moins de raisons de durcir le ton. Cette dynamique asymétrique est favorable à une diversification des portefeuilles entre actions et obligations d’Etat, comme le suggère la corrélation redevenue négative entre les deux types d’actifs depuis quelques mois (graphique 4).

Dans nos fonds diversifiés, nous poursuivons donc notre politique de bascule progressive de la poche non investie en actions, du monétaire vers les obligations d’Etat. Nous avons ajouté des obligations d’Etat européennes à 30 ans, allemandes pour moitié et françaises pour l’autre moitié.