Trading | Les actualités économiques et financières

Plusieurs éléments encourageants soutiennent le retour de l’appétit des investisseurs pour le risque

Plusieurs éléments encourageants – dont un discours plus conciliant que prévu de Jerome Powell – soutiennent le retour de l’appétit des investisseurs pour le risque. La remontée récente de l’inflation salariale américaine souligne cependant que le débat sur les conditions d’une normalisation de l’inflation US reste ouvert.

À la baisse du risque européen (cf notre note de la semaine dernière) s’ajoute désormais des nouvelles plus encourageantes en provenance de Chine. Devant le mécontentement populaire, la politique zéro Covid est en train d’être progressivement enterrée, ce qui n’était pas prévu avant le printemps. Même s’il ne faut pas s’attendre à des étincelles, il est donc désormais quasi certain que l’économie chinoise va nettement rebondir dès le premier semestre 2023, ce qui soutiendra la croissance mondiale au moment où elle en aura sans doute le plus besoin (graphique 1).

Quant à Jerome Powell, qui avait depuis plusieurs mois adopté une posture très combattive contre l’inflation, il a clairement modifié sa communication. Sans doute aiguillé par de vifs débats internes entre les membres de la Fed – dont certains craignent de provoquer une récession trop sévère – il a annoncé un ralentissement de la hausse des taux dès le mois de décembre. Alors qu’il les minimisait jusque-là, le président de la Fed concède que des signes convaincants de désinflation sont à l’œuvre avec la normalisation des conditions de l’offre (graphique 2), la stabilisation des prix des matières premières et la baisse des nouveaux loyers. Il souligne par ailleurs que les taux ont déjà beaucoup monté, ce qui pèsera sur la croissance, et donc sur les pressions inflationnistes. Cette attitude plus prudente et attentiste de la Fed est venue valider le retour de l’appétit pour le risque sur les marchés financiers.

Notons cependant que Jerome Powell soulignait que l’inflation sous- jacente restait très dépendante des salaires, et que ceux-ci risquaient de demeurer trop élevés devant les tensions persistantes sur le marché du travail. Les données du mois de novembre (+0.6% sur les salaires horaires) – et les révisions du mois d’octobre (+0.5%) – sont venues confirmer la méfiance de Jerome Powell (graphique 3). 

Malgré ces tensions salariales, les anticipations de taux par les marchés financiers ne devraient pas beaucoup évoluer au cours des prochaines semaines. Les investisseurs anticipent en effet déjà les +50 points de base pré-annoncés par Jerome Powell pour le 14 décembre, puis deux hausses de +25 points de base en février et mars (graphique 4).

Ces anticipations bien alignées avec le nouveau discours de la Fed protègent pour l’instant les marchés obligataires d’une trop grande volatilité. Au-delà des prochaines semaines, le scenario reste cependant ouvert, l’incertitude principale se focalisant sur l’ampleur et la vitesse du ralentissement économique attendues aux Etats-Unis, et sur ce qui sera nécessaire pour ralentir l’inflation salariale.

Dans nos fonds flexibles internationaux nous avons ajusté notre position obligataire à la suite du discours de Jerome Powell et à l’évolution des marchés. Notre position est simplifiée, vendeuse des obligations allemandes à 5 ans et acheteuse des obligations américaines de même maturité.

Nous pensons en effet que la BCE pourrait augmenter nettement plus ses taux que la Fed en 2023. Nous maintenons notre politique de fort investissement dans les actifs monétaires de la zone euro, actifs qui bénéficient de la hausse des taux de la BCE, alliée à une exposition très diversifiée aux actions internationales.

Total
0
Shares
Prev
En Chine, les règles sanitaires s’assouplissent
Next
2023, une meilleure année en bourse pour les actions françaises ?