Il y a deux semaines jour pour jour, Porsche faisait son entrée en bourse.
Avec près de 300,000 d’unités vendues en 2021, un chiffre d’affaires de 30 milliards € et un résultat opérationnel de plus de 5 milliards €, la marque iconique d’automobiles de sport est en parfaite santé financière. De quoi être aujourd’hui valorisée 78 milliards € par les investisseurs.
C’est la plus grosse introduction en Bourse en Europe depuis 2011.
Ce qu’on oublie de souligner, c’est que Volkswagen, la maison mère de Porsche, détient 75% de son capital après l’introduction en bourse.
Autrement dit, les ¾ de la valeur de Porsche reviennent de droit à Volkswagen, soit près de 60 milliards €.
Sauf que Volkswagen cote 75 milliards € en bourse. Cela signifie qu’une fois la participation dans Porsche mise de côté, le reste du groupe est valorisé 15 milliards €, c’est-à-dire pas grand-chose.
Et le reste du groupe, c’est large. C’est les marques Volkswagen, Skoda, Seat, Audi, Bentley, Lamborghini, Ducati, Traton, etc… avec :
- 9 millions de voitures vendues en 2021
- 220 milliards € de chiffre d’affaires
- 16 milliards € de résultat opérationnel
Volkswagen est le deuxième constructeur automobile du monde derrière Toyota. C’est donc bien plus que la marque Porsche.
Alors quand Olivier Blume, le PDG, estime que son groupe est largement sous valorisé, nous partageons son opinion. Rappelons que le titre est en baisse de 33% sur 1 an.
La suite logique
Olivier Blume a bien saisi le potentiel de cette stratégie. Il va donc répliquer l’opération Porsche sur d’autres marques du groupe. Chaque entité sera cotée et valorisée à part. De quoi débloquer une valeur substantielle pour les actionnaires.
La première filiale qui devrait emboiter le pas de Porsche est PowerCo, l’unité de production de batteries de Volkswagen.
D’après nos calculs, cette stratégie permettrait de valoriser le groupe plus de 100 milliards €.
Du côté de Monocle, nous sommes donc acheteurs (6% du fonds actuellement).
A suivre.
Sur le même sujet :
- Amérique latine : la “doctrine Donroe” rebat les cartes pour les investisseurs
- BCE : faut-il vraiment craindre une remontée des taux en 2026 ?
- Chine : un virage stratégique vers l’innovation et l’autonomie
- Pétrole à 100 $ : un choc sous-estimé par les modèles économiques ?
- Japon : la fin de la déflation ouvre un nouveau cycle