On comprend pourquoi la croissance de la zone euro ralentit : la zone euro importe l’essentiel de son énergie, et la hausse des prix de l’énergie appauvrit la zone euro.
Mais la situation des États-Unis est très différente : les États-Unis sont autonomes pour leur approvisionnement en énergie. La hausse des prix de l’énergie ne les appauvrit pas. Pourquoi alors la hausse des prix de l’énergie ralentit-elle la croissance des États-Unis si elle ne les appauvrit pas ?
Il y a deux explications possibles :
- le transfert interne de revenu des consommateurs d’énergie aux producteurs d’énergie réduit davantage la demande des consommateurs d’énergie qu’il n’accroit la demande des producteurs d’énergie ;
- le ralentissement de la croissance des États-Unis vient de la réaction de la politique monétaire à l’inflation, de la hausse des taux d’intérêt.
Mais s’il n’y avait pas de différence entre les propensions à dépenser des producteurs et des consommateurs d’énergie, aux États-Unis, et pas non plus de réaction de la politique monétaire à l’inflation, la hausse du prix de l’énergie n’aurait pas d’effet sur la croissance des États-Unis, alors qu’elle a un effet négatif important sur la croissance de la zone euro.