Dans son Flash Économie, Patrick Artus, conseiller économique senior chez Ossiam, estime que la volonté de l’administration Trump d’affaiblir le dollar repose sur une analyse économique erronée.
Selon Patrick Artus, l’idée selon laquelle un dollar plus faible améliorerait la compétitivité américaine est trompeuse. Le déficit extérieur des États-Unis ne provient pas d’un dollar surévalué mais avant tout d’un taux d’épargne structurellement faible. Comme le montrent les données présentées dans l’étude, la balance courante américaine reste déficitaire quel que soit le niveau du dollar. Dans ce contexte, les États-Unis ont au contraire besoin d’attirer en permanence des capitaux étrangers pour financer ce déficit. Une politique visant explicitement à affaiblir la monnaie risquerait donc de décourager ces investisseurs.
Autre limite de cette stratégie : les exportations américaines sont peu sensibles au taux de change. Les États-Unis dominent des secteurs comme l’énergie, l’équipement électronique, l’armement ou encore les services numériques et financiers. Cette position dominante réduit fortement l’impact d’une variation du dollar sur les volumes exportés.
Enfin, une dépréciation du billet vert renchérirait mécaniquement le coût des importations. Les données présentées dans l’étude montrent que les phases de baisse du dollar coïncident généralement avec une hausse du prix des importations, ce qui alimente l’inflation intérieure et réduit le pouvoir d’achat des ménages américains.
Pour Patrick Artus, la conclusion est donc claire : loin d’être un problème, un dollar fort constitue au contraire un avantage pour l’économie américaine, à la fois pour attirer les capitaux étrangers et pour préserver le pouvoir d’achat des consommateurs.