Les banques centrales ont tardé à réagir face à l’inflation mais, depuis, le resserrement monétaire a été spectaculaire et à la hauteur du risque inflationniste.
Les banques centrales ont tardé à réagir face à l’envolée des prix post-Covid. Mais le moins qu’on puisse dire c’est que le resserrement monétaire, aussi bien du côté de la Fed que de la BCE, a été spectaculaire et à la hauteur du risque inflationniste.
Une nouvelle salve de données publiées hier témoigne de la force des ajustements à l’œuvre au sein de la zone euro : la croissance des prêts aux ménages s’est encore dégradée pour atteindre son plus bas niveau depuis 2015 à seulement 1.3% en juillet. Pour mémoire, il y a un an seulement, cette croissance des prêts était encore de 4.5% !
Serrage de ceinture également du côté des prêts aux entreprises de la zone euro : la croissance des prêts en juillet n’a été que de 2.2%, plus faible progression depuis septembre 2021 alors que cette croissance était encore de…8.9% (!) en octobre dernier.
Les robinets du crédit tournent clairement au ralenti ces derniers mois. Et comme si ces chiffres n’étaient pas assez impressionnants, on a également assisté en juillet à la première contraction de la masse monétaire M3 en zone euro depuis…2010 ! Avec un repli de 0.4% en juillet, on revient sur le niveau de contraction « historique » de la masse monétaire M3 établi précédemment en février 2010.
Le resserrement monétaire de la BCE se fait à marche forcée, et ça se voit.