Premières enquêtes de conjoncture depuis l’invasion de l’Ukraine

Inflation | Les actualités économiques et financières
Les premières enquêtes de conjoncture depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie fin février confirment la dégradation du moral des ménages et des entreprises en Europe. En revanche, la moindre sensibilité des Etats-Unis au choc permet à Jerome Powell d’achever sa mue vers la lutte contre l’inflation.

L’enquête de confiance des ménages en zone euro du mois de mars chute brutalement sous l’effet des angoisses liées à la guerre en Ukraine et à l’envolé des prix de l’énergie. Les niveaux atteints par l’indice sont compatibles avec une récession. Cependant, des compensations existent avec des aides publiques, une épargne importante et un marché du travail solide (graphique 1).

Du côté des entreprises, les enquêtes PMI publiées résistent bien en apparence avec un indice composite de la zone euro en léger repli à 54.5 vs 55.5 en février. Logiquement les services résistent mieux que le manufacturier grâce à l’effet de l’assouplissement du protocole sanitaire, notamment en France. Les PMI américains accélèrent même en mars, à la fois pour les services et le manufacturier, illustrant le relatif isolement des Etats-Unis vis-à-vis du choc de la guerre en Ukraine.

Cette résistance ne doit cependant pas masquer la très nette dégradation des perspectives. C’est ce qui apparait dans l’enquête Ifo allemande avec l’effondrement des anticipations, beaucoup plus sensibles au sentiment qu’à la réalité objective des carnets de commandes (graphique 2).

Aucune de ces statistiques n’est une énorme surprise. Aux Etats-Unis notamment, l’activité reste forte et pour le moment, le choc énergétique inquiète plus par ses effets inflationnistes que récessifs. Jerome Powell en prend acte et déclare la guerre à l’inflation dans un discours-programme intitulé « Restaurer la stabilité des prix ». Le gouverneur de la Réserve fédérale ouvre la voie à des pas de 50 pb de hausse des taux courts si c’était nécessaire. Le marché obligataire intègre désormais des taux courts qui frôleraient les 3% dans un an (graphique 3).

Le marché des actions a plutôt bien absorbé à la fois la dégradation macro et la hausse des taux. L’appétit pour le risque mesuré par Goldman Sachs s’offre un net rebond depuis début mars (graphique 4). Peut-être le miroir inversé d’un excès d’angoisse en février, d’un positionnement prudent des investisseurs et d’une valorisation relative des actions renforcée par un marché obligataire toujours ininvestissable.

Dans cet environnement complexe nous maintenons dans nos stratégies internationales une allocation ramassée autour de deux paniers thématiques composés d’actions des pays développés d’un côté et de cash et équivalents de l’autre.

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