Véronique Riches-Flores souligne que les données ADP de novembre envoient un signal préoccupant : destructions d’emplois concentrées dans les petites entreprises, fragilisées par le shutdown, tandis que seules les grandes structures continuent d’embaucher. Un contexte qui offre à la Fed toute la justification nécessaire pour abaisser ses taux et adopter des perspectives plus souples. Pourtant, loin de pénaliser les matières premières, cette faiblesse conjoncturelle a propulsé or, argent et cuivre.
Les données de l’ADP du mois de novembre sont, incontestablement, mauvaises, avec 32K destructions de postes concentrées dans les petites entreprises, dont tout donne à penser qu’elles décrochent ou, du moins, que le shutdown leur a fait beaucoup de mal. Encore une fois, les postes créés le sont pour l’essentiel dans les entreprises de plus de 500 salariés, même si ce mois-ci les établissements de plus de 50 salariés ont été plus actifs que le précédent. L’aggravation de la situation des PME n’est pas de nature à rassurer les membres de la Fed, laquelle voit potentiellement, avec de telles tendances, son carquois se remplir de flèches.
Par ailleurs, côté inflation, les statistiques du commerce extérieur sont plutôt rassurantes, avec des prix à l’importation inchangés, comme à l’exportation. Reste pour compléter ce tableau, le rapport sur la production industrielle du mois de septembre, en hausse de 0,1 % et inchangée pour sa partie manufacturière, malgré le soutien apporté par la métallurgie et autre production de métaux primaires et l’électroménager.
La messe est donc quasiment dite : la Fed aura non seulement le loisir de baisser ses taux la semaine prochaine mais également de produire des perspectives, a priori, nettement plus accommodantes qu’en septembre à travers les Dots.
L’ensemble n’est pas du meilleur cru sur le front de l’activité et pourrait être négatif pour les marchés des matières premières dans une situation classique. Le contexte en présence, provoque néanmoins tout l’inverse : or, argent et, maintenant, cuivre ont réagi très positivement à ces données. En effet, en garantissant des baisses de taux directeurs, c’est potentiellement toute l’histoire des capex de l’IA que la politique monétaire américaine pourrait soutenir… Un put particulièrement favorable aux métaux industriels qui ne tardera pas, s’il produit des effets un tant soit peu durables, à revenir alimenter les préoccupations inflationnistes.
