Mario Draghi | FiBee : Les actualités économiques et financières

Quel avenir pour l’Europe après Mario Draghi ?

Le 21 juillet, Mario Draghi, Premier ministre Italien, présente sa démission au Président de la République italienne, Sergio Mattarella, après avoir perdu la confiance de trois des partis qui le soutenaient, le Mouvement 5 étoiles, la Ligue et Forza Italia. Il lui restait huit mois dans son mandat. Malgré un soutien exceptionnel de l’opinion publique, le Mouvement 5 étoiles et les partis de droite et d’extrême droite lui ont donc fait barrage. Le quotidien La Repubblica qualifie leur comportement de “trahison de l’Italie“.

Le lendemain, les bourses de Milan, Paris et Francfort sont en chute libre. Les économistes et les marchés financiers craignent une nouvelle crise des dettes souveraines. Les chefs d’État et de gouvernement européens ne se ménagent pas pour exprimer leur regret. Pour Emmanuel Macron, Mario Draghi est “un grand homme d’État italien, un partenaire de confiance, et un ami de la France.”

Sa démission entraîne une période d’incertitude pour l’Italie : il faudra attendre le 25 septembre pour savoir qui la gouvernera. Pour l’instant, c’est Giorgia Meloni, la dirigeante de Fratelli d’Italia (Frères d’Italie), parti d’extrême droite, qui pourrait être appelée à devenir Présidente du Conseil. Elle promeut une Europe fondée sur les valeurs chrétiennes et le respect des identités nationales où la souveraineté nationale prime.

La place de l’Italie en Europe est bien trop stratégique et déterminante pour considérer qu’il s’agit d’un énième rebondissement dans une vie politique italienne rompue aux instabilités. Sa dette s’élève à 150 % du produit intérieur brut, soit la plus élevée de toute la zone euro après la Grèce. Le pays est également le premier bénéficiaire du plan de relance européen post-Covid, avec une enveloppe de 209 milliards d’euros. Ce qui se passe en Italie a inévitablement des répercussions au niveau européen.

Draghi était perçu comme le seul à même de mener les réformes nécessaires pour transformer l’Italie. À ce jour, 48,9 % des réformes exigées pour toucher aux fonds de relance européen ont été mises en œuvre. Même s’il est difficile de prévoir comment le prochain gouvernement mènera ces réformes, une chose est certaine : si son successeur échoue, c’est toute l’Europe qui sera touchée.

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