Quelle stratégie adopter après l’annonce de la dissolution de l’Assemblée en France ?

Souvent moins suivie que les autres scrutins, rarement une élection européenne aura eu des conséquences aussi forte en France. Bien qu’au niveau européen, le glissement vers la droite du Parlement soit confirmé, il existe une stabilité politique qui ne devrait pas avoir d’impact sur les marchés financiers.

Source : Europe Elects

Le principal événement reste la convocation d’élections législatives anticipées en France. En effet, le président de la République française, Emmanuel Macron, a décidé dimanche soir de prononcer la dissolution de l’Assemblée Nationale et de convoquer des élections législatives anticipées les 30 juin et 7 juillet prochains. La liste de la majorité présidentielle (Renaissance) est en effet arrivée nettement derrière celle du Rassemblement National.

La convocation d’élections législatives anticipées en France fait augmenter le risque politique en Europe et ouvre une période d’incertitude jusqu’au soir du 2ème tour, le 7 juillet prochain. À court terme, les actions européennes, en premier lieu françaises, vont en pâtir. Nous recommandons d’alléger les positions. Nous passons neutres sur la zone en attendant les résultats des élections. Le spread OAT-Bund va également s’écarter. Nous passons négatifs sur les souverains Zone-Euro malgré la politique monétaire moins restrictive.

Taux 10 ans allemands et français

Sources : Bloomberg, Groupe Richelieu

Une grande incertitude plane désormais autour de la future composition de l’Assemblée nationale et du gouvernement qui pourrait en découler. En effet, rappelons qu’à la différence du scrutin d’hier, le caractère à deux tours des élections législatives accentue l’importance des tractations en amont du scrutin pour procéder des rapprochements entre forces politiques afin de maximiser les chances de l’emporter, et ce dans 577 circonscriptions différentes.

Les secteurs les plus à risque sont ceux avec un fort bêta lié au risque politique, une forte exposition à la France et à l’UE, et un endettement élevé. Le principal secteur qui devrait souffrir de cette incertitude politique reste le secteur financier. Nous dégradons notre opinion à court terme à neutre. Par nature sensibles au risque politique, leurs revenus sont à plus de 50 % réalisés en zone euro. Leur bêta de long terme (20 ans) est également l’un des plus élevés à 1,34x. L’immobilier devrait aussi souffrir de la hausse des primes de risque.

Le secteur automobile, secteur cyclique par excellence, à bêta élevé (1,26 en moyenne sur 2 ans et sur 20 ans), souffrirait de l’incertitude sur la trajectoire européenne en matière de réglementation sur les moteurs thermiques.

Les prochaines semaines seront donc essentielles mais dans tous les cas, les futurs parlement et gouvernement seront confrontés à une difficulté de taille : celle de parvenir à rétablir l’équilibre des finances publiques, lesquelles se sont dégradées après les efforts consentis pendant le Covid et pour lutter contre l’inflation post-guerre en Ukraine. Ce sera l’enjeu principal pour les investisseurs financiers alors que le déficit français a dépassé 5% du PIB en 2023 (et que la note souveraine de la France a été récemment dégradée par l’agence de notation S&P.

Comparaison des dépenses et des revenus des principaux pays de la zone Euro

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