Quels investissements après ce rebond surprenant des actions en octobre ?

Au terme de 10, voire 12 mois de correction sur toutes les grandes classes d’actifs, nombreux sont les investisseurs qui s’interrogent sur un univers d’opportunités qui s’offrent potentiellement à eux.

Après la hausse des taux inédite aux États-Unis, 300 points de base en 6 mois, à laquelle s’additionne le début de relèvement des taux de la BCE, qui était pourtant un scénario inimaginable, les investisseurs se demandent comment l’économie a réagi. La croissance économique ralenti, le FMI a revu en baisse ses hypothèses pour 2023, qui étaient initialement bien trop ambitieuses.

La récession actuelle est très différente de celles de 2008 ou 2011. Son risque principal est, à l’instar du moral des ménages, que cela s’effrite perpétuellement. En France, nous observons beaucoup de contre-objectifs / contre-mesures afin de compenser le choc.

Il est impossible aujourd’hui de déterminer avec précision le timing et la profondeur de sortie de cette crise. Cependant, les marchés financiers effectuent leur travail en réévaluant le risque. Pour que la situation prenne un véritable tournant, il faudra compter sur un revirement de situation positif en Ukraine. Des perspectives de paix, voire simplement de « cessez-le-feu », pourraient permettre aux marchés d’écarter un chapeau de risques qui revient de manière constante depuis bientôt 1 an.

Nous sommes dans une phase où nous entendons, aux États-Unis, des discours sur les taux ou encore sur une solution diplomatique. Cet environnement a imposé énormément d’obstacles sur la croissance, voulus ou contraints. Aujourd’hui, pour se diriger vers un monde qui continue de croître, il faut desserrer ces contraintes.

Dans cette période de publication, certaines entreprises publient de mauvais résultats, d’autres des bons. Il y a également quelques profits warning. Le contexte de marché est tout de même propice sur certains leviers, sous réserve d’être sélectif avec une vision à long terme.

Un débordement géopolitique ou une erreur de trajectoire monétaire peuvent à tout moment bousculer ce rebond des marchés. D’où l’importance de se projeter sur un horizon long.

La séquence GAFAM traditionnelle s’ouvre, ces géants n’ont jamais déçu sur leurs résultats. La question boursière se traite à part, notamment avec les niveaux de valorisation qui se sont dégonflés.

Des questions subsistent. Ces niveaux de valorisation sont-ils suffisamment dégonflés ? Le risque porte-t-il sur les résultats ? Le risque existe toujours. Netflix a enchainé un mauvais trimestre puis un très bon. Tesla peut décevoir. La purge n’est pas terminée. Les écarts de valorisation sont très importants. Ce sont tout de même des secteurs et des entreprises qui sont rentables. Elles doivent rentrer dans une forme de normalisation avec des taux qui montent.
Les GAFAM sont des bons indicateurs de l’économie, particulièrement Amazon. Pourtant dans la consommation des acteurs déçoivent comme Adidas.

Dans la sphère Européenne, les Italiens sont les nouveaux « Anglais ». Le gouvernement Italien est aujourd’hui constitué d’une part d’une frange dur de la droite mais reste cependant une Italie du Nord, industrielle, attachée à l’Euro, qui veut travailler.

Bien que décrié par de nombreux pays, la France comprise, à plusieurs reprises, l’€ est tout de même gage de sûreté. C’est une monnaie régulée et pilotée.

Le sujet de dislocation / fragmentation de l’Europe existe toujours et c’est d’ailleurs déplacé sur la relation politique entre la France et l’Allemagne. Deux acteurs qui représentent le cœur de notre système économique et monétaire. La gestion de l’Europe sur ces sujets est davantage graduelle car fragile que sur le système Américain où les capitaux circulent beaucoup plus, où les banques ne font pas autant le financement de l’économie qu’en Europe.

L’actualité est tournée également sur les sujets de l’énergie. Certains scénarios fusent sur un éventuel « choc énergétique ». Ces scénarios de contre-choc énergétique pourraient venir d’un choc économique violent ou d’une inondation sur le marché de l’offre des hydrocarbures, gaz ou pétrole.

Dans la gestion de patrimoine, lorsqu’on évoque ce qui a fonctionné cette année, nous devons regarder les actions brésiliennes, les actions turques, du real et du dollar. Une vision de l’investissement parfois complexe pour un investisseur Européen ou d’Île de France.

L’investissement dépend toujours de l’enveloppe de risques, de la volatilité et du profil de risque du client. Aujourd’hui, il est très difficile de faire de la performance. Dans ces phases mouvementées, il est tout de même important d’avoir du cash afin de saisir des opportunités.

Le principe est de ne jamais sortir totalement des marchés actions puisqu’il est toujours difficile d’y revenir. Pour le crédit, les investisseurs ont envie d’y aller mais nous ne connaissons pas encore le taux de défaut de cette récession.

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