Résultats T2 : l’IA soutient Wall Street, les émergents restent favoris

Dans leur analyse, Edmund Ng et Patrick Kellenberger soulignent que la saison des résultats du deuxième trimestre a été solide aux États-Unis, avec une croissance bénéficiaire de 9 % pour le S&P 500 et 80 % des entreprises dépassant les attentes, surtout grâce à la technologie et aux services de communication portés par l’IA.
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Dans leur analyse, Edmund Ng et Patrick Kellenberger soulignent que la saison des résultats du deuxième trimestre a été solide aux États-Unis, avec une croissance bénéficiaire de 9 % pour le S&P 500 et 80 % des entreprises dépassant les attentes, surtout grâce à la technologie et aux services de communication portés par l’IA. L’Europe a affiché des résultats corrects mais contrastés, pénalisée par l’euro fort et le secteur automobile. Les marchés émergents connaissent un ralentissement temporaire, mais conservent des moteurs de croissance à long terme. Malgré un rallye boursier récent et des risques accrus (droits de douane, ralentissement), les auteurs privilégient les marchés émergents et les services de communication, anticipant une poursuite de la croissance bénéficiaire.

Nous passons en revue à la fois la saison des résultats, qui s’est avérée solide principalement grâce aux bénéficiaires de l’IA, et les menaces croissantes auxquelles font face les marchés boursiers. Ces risques comprennent l’impact des droits de douane et du ralentissement de la croissance sur l’exposition déjà forte des investisseurs et les gains importants enregistrés par les marchés depuis le début de l’année. Cela étant, nous continuons de tabler sur une croissance bénéficiaire robuste qui devrait soutenir les actions ; notre préférence sectorielle va aux services de communication et notre préférence régionale aux marchés émergents.

La saison des résultats trimestriels aux États-Unis entre dans sa phase finale et semble solide au niveau agrégé, les entreprises du S&P 500 affichant une croissance de leurs bénéfices de quelque 9% – légèrement au-dessus de la moyenne à 10 ans – avec 80% d’entre elles qui ont dépassé les attentes des analystes. Les marges sont en expansion et les entreprises ont jusqu’ici géré le risque tarifaire en ajustant leur chaîne d’approvisionnement, en augmentant leurs prix et en appliquant une discipline rigoureuse en matière de coûts.

Quand bien même nous anticipons un net ralentissement de l’économie américaine au second semestre, les risques de récession nous paraissent limités, ce qui devrait permettre aux bénéfices des entreprises de progresser encore. De fait, depuis le début de la saison des résultats, les estimations du consensus concernant les bénéfices des actions mondiales pour les années 2025 et 2026 se sont légèrement améliorées.

La technologie et les services financiers mènent le bal

Un examen approfondi des bénéfices américains révèle toutefois une situation plus contrastée selon les secteurs. Les performances de la technologie et des services de communication ont porté l’indice et sont à l’origine de la révision haussière des bénéfices à l’échelle mondiale. Au deuxième trimestre, les investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA) ont commencé à porter leurs fruits, en témoignent la hausse des revenus du cloud computing et de la publicité numérique. La faiblesse du dollar a soutenu les géants technologiques qui réalisent d’importantes ventes à l’international. Certains secteurs industriels et services publics ont également tiré profit de l’IA, sur fond de reprise de la demande en électricité de la part des centres de données et d’électrification, tandis que la bonne santé des marchés financiers a permis aux valeurs financières de mieux performer que prévu. Nombre de secteurs cycliques et défensifs plus traditionnels, comme les matériaux, l’industrie, la santé et la consommation courante, ont par contre enregistré des résultats plus modestes.

En Europe, la croissance des bénéfices du deuxième trimestre a été meilleure que prévu, dans un contexte d’attentes cependant très faibles. Le secteur financier a apporté une importante contribution positive et l’accord commercial entre les États-Unis et l’Union européenne a levé une partie des incertitudes. Toutefois, la hausse de l’euro a entraîné un recul des revenus de l’indice MSCI EMU, et le secteur automobile a particulièrement souffert. Des avertissements sur résultats en cascade ont mis en lumière le climat politique incertain dans lequel opèrent les entreprises. Pour 2025 et 2026, les estimations de bénéfices pour les entreprises européennes ont été revues à la baisse le mois dernier, et ce dans tous les secteurs à l’exception de la finance.

Les marchés émergents bénéficient de moteurs de croissance de long terme

Du côté des marchés émergents, la saison des résultats du deuxième trimestre commence à peine. Un ralentissement y est attendu, avec une croissance « combinée » des bénéfices – conjuguant les résultats des entreprises ayant déjà publié et les estimations du consensus pour celles qui ne l’ont pas encore fait – de l’ordre de 2%. Les entreprises d’Asie du Sud-Est sont confrontées à des vents contraires liés aux incertitudes commerciales mondiales, les sociétés chinoises de commerce en ligne souffrent d’une concurrence intense et la contribution de l’Arabie saoudite sera négative en raison de la faiblesse des cours du pétrole. Néanmoins, les estimations du consensus tablent sur une reprise des bénéfices durant la seconde partie de l’année et sur des perspectives encourageantes pour 2026.

Les valorisations des marchés émergents sont aussi inférieures à celles des autres régions, et les moteurs positifs de la croissance bénéficiaire à long terme restent en place. Ils incluent la hausse de la demande de semi-conducteurs en Corée et à Taïwan, la progression de la demande intérieure en Inde et en Chine – qui s’attache par ailleurs à éliminer les capacités improductives de l’économie – et la réforme de la gouvernance d’entreprise en Corée. Les actions émergentes demeurent « sous-détenues » par les investisseurs étrangers, lesquels sont de plus en plus enclins à diversifier leurs portefeuilles hors des actifs américains. La faiblesse du dollar devrait également favoriser les bénéfices mesurés en dollars américains.

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