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“Revanche ou capitulasion” – La Plume par Igor DE MAACK

L’instant marché financier

Même si le temps de son mandat à la tête du gouvernement italien aura été dans la moyenne de tous ses prédécesseurs, après Boris Johnson outre Manche, c’est bien Mario Draghi qui a dû capituler devant le manque de confiance de ses alliés politiques.

C’est évidemment une mauvaise nouvelle pour l’Europe et pour l’euro car le risque de fragmentation réapparaît au sein de notre union monétaire. Alors que la récession s’est installée presque partout dans le monde développé, les marchés actions ont nettement rebondi de leur point bas en juin, le CAC 40 bondissant de 5 900 à 6 400. En effet, le PIB américain a reculé de 0,9% au deuxième trimestre (deux trimestres d’affilée de contraction du PIB représentent techniquement une récession dans le langage économétrique).

Le marché immobilier américain recule et la consommation demeure contrainte par ces incertitudes multiples (prix de l’énergie, inflation, durcissement des conditions d’emprunt…). L’accord sur l’exportation des céréales ukrainiennes et russes a fait porter quelques espoirs immédiatement torpillés par un missile tiré sur le port d’Odessa.

L’autre élément fondateur de ces dernières semaines est l’action vigoureuse des banques centrales (BCE et Fed). Successivement, elles ont monté de 0,5% et de 0,75% leur taux de référence. Leur discours s’est néanmoins aussi assoupli sur la vitesse de remontée des taux pour ne pas mettre le cycle économique plus en danger. Par ailleurs, la BCE a décidé la mise en place d’un outil pour lutter contre la hausse des taux d’intérêt dans les pays les plus fragiles (TPI : Transmission Protection Instrument).

Malgré l’ambiance récessive, la saison de publication des résultats démontre une belle résistance des entreprises (Hermès, Saint-Gobain, Apple, Stellantis, Publicis…). Il y a évidemment aussi des déceptions (Walmart aux Etats-Unis). Il faut se souvenir néanmoins que ce sont des résultats sur le premier semestre et que le troisième trimestre sera marqué par l’inflation toujours à des niveaux supérieurs à 8% (dernières statistiques allemandes).

Pour l’instant, les marchés (et les investisseurs financiers) tentent de prendre leur revanche sur ce premier semestre catastrophique. Parfois, ces phases peuvent être annonciatrices d’une forme de capitulation.

Les problématiques logistiques demeurent, les confrontations politiques et militaires perdurent, l’urgence climatique s’invite partout dans la vie quotidienne…autant de raisons pour avoir peur et ne pas se projeter. Oui mais… quand les risques sont connus (et en partie évalués), les marchés financiers se reconstruisent avec un nouveau scénario économique et un nouvel horizon.

C’est tout l’enjeu du deuxième semestre, celui qui va nous faire rentrer dans un hiver où le pull-over complétera peut-être le manque de gaz des steppes sibériennes.

La valeur du mois • EUTELSAT

L’opérateur de satellites français Eutelsat a annoncé son intention de fusionner avec OneWeb. En se rapprochant, ils espèrent créer un acteur mondial unique et de premier plan dans le domaine de la connectivité avec 36 satellites géostationnaires (GEO) et une constellation de 648 satellites en basse orbite (LEO).

Cette opération fait craindre une réduction des dividendes et surtout une perte du contrôle de la gouvernance d’Eutelsat.

Le mot de la fin

A l’heure où les pyromanes incendient les forêts et où les changements climatiques assèchent les terres arables, le sociologue Sébastien Bohler décrit dans son livre « Human Psycho » l’être humain comme un « psychopathe » capable de détruire son prochain et son environnement… aurait-il raison ?

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