Danger | Les actualités économiques et financières

“Sacrifices et rationnements ” – La plume par Igor de Maack

L’instant marché financier

Inflation, récession, crise énergétique… Il existe bien peu de motifs de se réjouir à l’approche d’un hiver où certains de nos dirigeants ont décidé de laisser tomber la cravate pour le col roulé (Bruno Lemaire) pour économiser la note de chauffage et éviter les rationnements.

Avant la Covid, la croissance économique, quasiment synchrone du monde, s’élevait à 3,5% par an avec des taux d’intérêt plus que bas et une inflation au tapis.

Aujourd’hui, l’Europe est déjà en récession depuis le début du deuxième semestre. Il y a fort à parier que le niveau d’inflation aura encore du mal à descendre en dessous de 6% l’année prochaine.

Dans ce contexte, les marchés actions ont fini par céder et le CAC 40 affiche désormais une performance de -20% depuis le début de l’année. C’est donc le premier sacrifice que les investisseurs doivent accepter pour le moment.

Les valorisations s’adaptent à l’enlisement du conflit slave et aux nouvelles conditions économiques et monétaires. Les taux 10 ans américains frôlent les 4%, redonnant aussi des possibilités d’agir sur la classe d’actifs obligataires qui affiche une de ses plus mauvaises années de performance en 2022.

Seul le dollar caracole en tête, fort de sa stature de monnaie de réserve internationale et du système de dollarisation des matières premières.

Si les résultats des entreprises ont paru solides jusqu’au premier semestre, l’avertissement de Fedex rappelle que si la macroéconomie souffre, la microéconomie va, elle aussi, souffrir.

Peu de refuges existent mais des opportunités surgissent : le secteur bancaire, les opérations de fusion-acquisition (M6…), les actions à dividendes élevés peuvent donner des lueurs d’espoir aux plus téméraires.

En ce qui concerne la rémunération de l’épargne, les banques de réseau commencent à prendre en compte la nouvelle situation des taux d’intérêt en proposant des rémunérations plus attractives sur les comptes à terme (2-3%).  Revenir massivement sur le marché actions ne peut être d’actualité avant d’être entré dans l’hiver car la coupure de l’approvisionnement en gaz russe est difficile à anticiper.

Pour prendre un peu de recul, interrogeons-nous sur les derniers événements adverses. La Covid puis la guerre en Ukraine posent les questions des erreurs collectives de l’humanité qui s’avèrent fréquentes à cause de croyances erronées, par manque de prévisions ou, moins prosaïquement, en raison de la prédation naturelle de l’homme.

C’est ce que démontre le livre du journaliste Guillaume Erner (« Rater est un art ») qui théorise puis met en lumière les « Superfails », ces moments où l’être humain crée à son insu les conditions de son propre échec collectif.

La valeur du mois • M6

L’annonce de l’abandon de la fusion avec TF1 n’a pas enlevé l’attrait spéculatif à la chaîne de télévision qui suscite l’intérêt d’investisseurs privés (Xavier Niel, Stéphane Courbit…) pour un secteur (les médias diffuseurs classiques) dont les multiples sont très peu chers (VE/EBE 2022 =<3x pour un Free Cash Flow Yield 2022 de 14% pour M6).

Le mot de la fin

Le baril de pétrole vient de perdre 45$ (soit une baisse de 35% par rapport à son pic de mars 2022).

Ce « petrol blues » (comme chantaient les Rolling Stones en 1978) va redonner du pouvoir d’achat aux automobilistes et aux consommateurs.

La Plume VITALÉPARGNE par Igor DE MAACK – octobre 2022

Retrouvez le précédent numéro de septembre ” QUAND LE CANARI NE SIFFLE PLUS, LE GRISOU SOUFFLE ” La Plume par Igor DE MAACK.

Rédacteur : Igor DE MAACK  • Presse : Stevens Lefort – slefort@vitalepargne.com

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