SAS entre en zone de turbulence

Cette semaine on vous parle de SAS Airlines, la compagnie aérienne scandinave.

Action…
SAS a proposé un plan de restructuration en février dernier, à la suite des effets du covid.
L’objectif : discuter avec les créanciers et trouver un accord afin de sauver la peau du groupe.
Après 1 mois de négociations, les pilotes n’ont pas été convaincus et ont lancé hier un mouvement de grève qui pourrait impacter 50% des vols de la saison estivale.

…Réaction
SAS a annoncé ce matin se mettre sous la protection du régime américain des faillites.
Aux USA, la loi sur les faillites est définie en 2 « chapitres » :
– le Chapitre 7, qui régit la mise en faillite et la liquidation de l’entreprise (cessation de l’activité et vente des actifs),
– et le Chapitre 11, qui permet aux entreprises de se réorganiser et de mettre en place un plan de restructuration (maintien de l’activité sous le contrôle de la justice, renégociation des dettes, etc.)

SAS a opté pour le Chapitre 11. Objectif : restructurer le groupe tout en laissant les avions voler. En ligne de mire : une augmentation de capital de près de 10 milliards de SEK (couronnes suédoises, la monnaie locale). Si vous souhaitez attirer des investisseurs, il faut faire un peu de ménage.

Notre position
– Deux états aux capital (Suède et Danemark, qui détiennent 44% de la société) et bientôt trois (la Norvège a accepté de voir sa dette convertie en actions). Probabilité que le fleuron scandinave finisse en liquidation : très faible.
– Une reprise progressive mais solide du trafic aérien (1.8 million de passagers en mai 2022, contre à peine 400,000 sur la même période il y a 1 an).
– Un projet d’augmentation de capital qui donnerait une bonne bouffée d’air au directeur financier
– Et un programme de réduction des coûts ambitieux (cet argument plait un peu moins aux pilotes…)

Conclusion
SAS a 120 jours top chrono pour proposer un plan de restructuration avec l’accord ses principaux créanciers.

Pendant ce temps, la dette cote 34% du pair. C’est-à-dire que pour un prêt de 100 SEK (avec 4 SEK d’intérêts versés chaque année), les investisseurs pensent pouvoir ne récupérer que 34 SEK.

Le marché mise donc sur un scénario de liquidation. Ce n’est pas notre cas.
Nous venons de renforcer notre investissement à hauteur de 3% du fonds.

Affaire à suivre.

Excellente semaine,

Pierre

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