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“sell in May and go away” : proverbes et réalité…

L’adage bien connu des financiers ” sell in May and go away “* basé sur des observations historiques, prétend que les actions sous-performent entre mai et octobre après une surperformance de novembre à mai. Aujourd’hui, force est de constater que ce dicton ne s’est pas vérifié sur les mois passés, la tendance étant globalement baissière depuis le début de l’année ; comme quoi les modèles historiques ne prédisent pas forcément l’avenir de manière fiable…

Changement de ton des banques centrales à l’automne, conflit sur le sol européen, inflation (énergie, matières premières, salaires…) et désordres sur les chaines d’approvisionnement du fait du conflit en Ukraine et des confinements en Chine – deuxième moteur du monde qui fonctionne en sous régime et dont les autorités restent jusqu’à présent déterminées à maintenir une politique zéro-Covid -, … autant de catalyseurs qui sont venus perturber les marchés et induire une hausse de la volatilité. Alors, faut-il reprendre aujourd’hui le dicton attribué au financier londonien Nathan de Rothschild : ” Buy on the cannons, sell on the trumpets “**?

La période qui suit le déclenchement des hostilités en Ukraine nous montre que, là encore, la sagesse populaire a ses limites. Les craintes de récession mondiale sont passées par là. En résumé, si les adages ne nous apprennent rien dans ce monde complexe et multi factoriel, le mieux est à coup sûr de rester collé aux fondamentaux en écoutant ce que disent les entreprises, et en analysant les dynamiques de leurs marchés finaux ainsi que les grandes tendances de croissance visible.

Aujourd’hui, plus de 72 % des entreprises européennes qui ont publié sur leur résultat du premier trimestre ont surpris de manière positive les analystes. Aux États-Unis, ce pourcentage s’élève à 76 %. Il s’ensuit une contraction des P/E (ratio cours/bénéfices par actions) estimés pour l’année dans les deux zones : ÉtatsUnis – 17,8x (S&P500) vs. 18,1x (médiane 5 ans) – et Europe – 12,7x (Eurostoxx) vs. 14,5x (médiane 5 ans)-. Par ailleurs, les prévisions des entreprises elles-mêmes sont pour la plupart relativement rassurantes. Au-delà de ces éléments encourageants, il faut malgré tout rester vigilant car les vents contraires évoqués plus haut restent très présents. La sélection des thématiques et des valeurs sera donc prépondérante pour le reste de l’année. Ainsi, la transition énergétique, dont l’accélération est plus que jamais un impératif, reste une thématique extrêmement porteuse en termes d’investissement. Il en est de même pour les valeurs dites de réouverture et les secteurs liés au retour d’expérience sur les causes de la pandémie tels que la santé, la traçabilité et l’hygiène. A contrario, il convient de rester pour l’instant à l’écart des sociétés et secteurs subissant la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières tels que le secteur automobile. Il en est de même pour les sociétés et secteurs fragiles en termes de structure bilancielle. Si les craintes sur la croissance peuvent favoriser à court terme les secteurs plus défensifs, les sociétés de croissance aux modèles d’entreprise résilients (consulting, édition de logiciel …), dont certains sont basés sur l’abonnement, restent plus que jamais des véhicules d’investissement qui joueront pleinement leur rôle dans un contexte où la croissance se fera plus rare. Au-delà des thèmes, il faudra être discriminant en termes de modèle d’entreprise en favorisant en particulier celles qui sont accrochées à des moteurs de croissance visibles, celles qui ont un fort pouvoir de fixation des prix et celles dont la capacité d’autofinancement comme la robustesse des flux de trésorerie assurent une visibilité sur les résultats futurs.

La semaine s’achève sur un gain (après 7 semaines de correction sur le marché américain) à la faveur d’une décrue des taux d’intérêt. La tonalité « hawkish » de la BCE soutient l’euro.

(*) vend en mai et va-t’en !
(**) achète au son du canon et vends au son du clairon

Source : Ecofi, au 27 mai 2022 – Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Document non contractuel. Le présent document contient des éléments d’information, des opinions et des données chiffrées qu’Ecofi considère comme exacts ou fondés au jour de leur établissement en fonction du contexte économique, financier ou boursier du moment. Il est produit à titre d’information uniquement et ne constitue pas une recommandation d’investissement personnalisée.

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