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“Superprofits, supertaxe mais plus de super” par Igor DE MAACK

Alors que les pays européens ont appliqué le décret pour taxer les superprofits des compagnies pétrolières, la France expérimentait la pénurie d’essence en raison d’une grève dans les unités de raffinage. Cela n’empêche pas TotalEnergies d’afficher une performance boursière insolente depuis le début de l’année (19%) comme la plupart des valeurs du secteur Énergie.

Comme pour les automobilistes, il a aussi manqué beaucoup d’essence aux marchés actions durant le mois de septembre. En effet, ces derniers ont dû affronter une hausse des rendements obligataires, les habituelles angoisses à l’approche des élections italiennes, la crise de la liquidité sur la dette anglaise (LDI) et une tension paroxystique sur le conflit slave autour de la bataille future de la ville de Kherson.

Par ailleurs, la Chine s’enfonce petit à petit dans la normalisation de sa croissance en raison des problèmes structurels de son économie (surpondération du secteur immobilier et retournement démographique). Elle s’éloigne des chiffres de croissance connus par le passé (4-5% aujourd’hui, contre 10% auparavant). La mainmise de Xi Jinping sur le pays (grâce notamment à une stratégie Zéro Covid extrêmement pénalisante pour les Chinois et pour le reste du monde) se traduira par un rétrécissement de la sphère des droits privés. Cela rendra difficile l’essor d’un marché intérieur de la consommation qui est pourtant le salut d’une économie qui ne peut plus compter uniquement sur les exportations.

Le monde se réveille sur la nature de ce grand pays dont l’entrée dans l’OCDE avait laissé imaginer aux plus béats une convergence de sa gouvernance vers les standards occidentaux. Certains investisseurs vont rapidement retirer leurs positions locales ou ont déjà commencé à le faire, surtout lorsque le sujet Taïwan revient fréquemment sur la table. Ainsi, entre septembre et octobre, le CAC 40 est venu toucher le niveau des 5 800. Pour rebondir violemment sur les deux dernières semaines d’octobre.

En effet, le discours des banques centrales s’est adouci (pause éventuelle ou réduction de la vitesse des futures hausses des taux). Les économies semblent avoir réussi pour le moment à tenir le choc du durcissement des conditions monétaires même si l’inflation est toujours présente à des niveaux trop élevés (8% à 10% selon les pays). L’emploi tient toujours et les entreprises ne sont pas alarmistes.

La publication des résultats en Europe montre une certaine résistance pour certains (LVMH, Schneider, Carrefour, Air Liquide…) alors que d’autres révisent leurs prévisions bénéficiaires à la baisse (Adidas, Seb…). En revanche, les grandes valeurs technologiques américaines ont clairement déçu (Microsoft, Alphabet, Meta, Amazonentraînant le Nasdaq dans une baisse de 5% en trois jours. Il y a tout de même un doute légitime sur la profondeur de la récession en Europe où l’octroi de crédits a baissé considérablement, amorçant ainsi un recul des prix de l’immobilier (à l’instar de ce qui se passe aux États-Unis).

Depuis février 2022, les niveaux de valorisation tant sur les actions que sur les obligations se sont toutefois ajustés pour prendre en compte un certain nombre de risques (économiques, financiers et géopolitiques). Évidemment, il est encore beaucoup trop tôt pour « sabrer le champagne » en espérant que la récession cesse ou que le conflit en Ukraine trouve une issue pacifique. Mais comme Napoléon Bonaparte se plaisait à dire, « on ne peut vivre sans champagne, car en cas de victoire, on le mérite et en cas de défaite, on en a besoin ». L’investisseur sur les marchés financiers pourrait s’en inspirer.

La valeur du mois • TATATU

Cette société technologique italienne, après s’être introduite en bourse via un placement privé, a vu sa valorisation grimper jusqu’à 8 milliards d’euros soit l’équivalent de grandes capitalisations boursières françaises. Son modèle (distribuer des « coins » contre des « likes » sur les réseaux sociaux), ne produit qu’un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros.

Démesure de l’industrie digitale ou véritable révolution virtuelle, nul ne saurait le dire à ce stade.

Le mot de la fin

Le fameux aphorisme anglais « Trust but verify » (Fais confiance mais vérifie) aurait dû s’appliquer aux parlementaires Tories lorsqu’ils ont choisi Liz Truss comme pensionnaire du 10 Downing Street.

Après avoir créé un mini-krach financier sur la dette publique en raison de prévisions budgétaires inconséquentes, cette dernière s’en est allée… Truss but verify…

La Plume VITALÉPARGNE par Igor DE MAACK – novembre 2022

Retrouvez le précédent numéro de septembre ” SACRIFICES ET RATIONNEMENTS ” La Plume par Igor DE MAACK.

Rédacteur : Igor DE MAACK  • Presse : Stevens Lefort – slefort@vitalepargne.com

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