Surmonter la crise de croissance de l’économie numérique

L’année n’a pas été de tout repos pour les marchés actions, en particulier au sein des stratégies qui ciblent les entreprises technologiques traditionnellement plus axées sur la croissance. La détermination et les nerfs des investisseurs en actions ont été exposés à une succession de coups durs durant cette période : hausses de taux, tensions géopolitiques, risque d’inflation galopante, blocages et pénuries dans les chaînes d’approvisionnement, sans oublier la pandémie qui dure depuis plusieurs années. On comprendra que, confrontés à une telle avalanche de catastrophes et à la déconvenue très médiatisée de certains titres, les investisseurs aient voulu se mettre à l’abri et aient opéré une rotation du marché en faveur des titres « value ». Dans un contexte où les bouleversements incessants sur les marchés, les changements de politiques publiques et certains événements extérieurs ont favorisé l’adoption d’un court-termisme réactionnaire, il n’est pas difficile non plus de comprendre pourquoi les investisseurs ont négligé les fondamentaux à long terme des valeurs de croissance. Cela étant, bien que la volatilité soit susceptible de se maintenir pendant un certain temps, il est important de noter que cela ouvre des opportunités intéressantes pour les investisseurs à long terme.

Source : Lipper, Bloomberg au 30/06/2019. Devise : USD. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. La performance de l’indice est calculée sur la base des dividendes réinvestis.

Analyse : MSCI ACWI vs secteur technologique

Historiquement, il est clairement établi que les actions du secteur technologique surperforment l’indice d’actions plus général. Il ne s’agit pas d’une tendance née du Covid-19 ; comme le montre le graphique ci-dessus, ce phénomène s’est développé, même pendant le dernier cycle de hausse des taux d’intérêt. La pandémie a toutefois accéléré une tendance qui était déjà amorcée et qui ne risque guère de faiblir de manière significative, sauf perturbation à court terme sur les marchés. La question est de savoir si les investisseurs sont disposés à assumer le coût potentiel à long terme d’une migration vers des actifs perçus comme moins risqués ainsi que les coûts associés aux mouvements boursiers à court terme, ou s’ils sauront garder leur sang-froid lorsque les choses deviendront relativement difficiles. Pour les investisseurs en actions, il s’agit d’un défi perpétuel qui reste toujours difficile à relever.

Malgré la morosité ambiante, de nombreux indices suggèrent déjà que nos thèses d’investissement restent solides, et une grande majorité d’entreprises du secteur de l’économie digitale dans lesquelles nous investissons ont publié des résultats (chiffres d’affaires, bénéfices) supérieurs aux prévisions sur le premier trimestre 2022, ce qui suggère que leur croissance continue d’être plus rapide que ce qui était espéré.

Les FAANG sont-ils les seuls pertinents ?

Il est facile d’évaluer les difficultés rencontrées par le secteur technologique à travers le prisme des grands acteurs que sont Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Alphabet (FAANG), et de les suivre comme des valeurs indicatrices de tendance du secteur en général. Bien qu’il s’agisse souvent de positions importantes à ne pas négliger, cette approche risque de mettre en évidence des spécificités de chacun des titres au détriment de la multitude d’opportunités que présente le secteur technologique dans son ensemble. En effet, derrière ces valeurs vedettes se trouve un éventail de sociétés nettement moins médiatisées qui évoluent entre autres dans les domaines de la fabrication, des infrastructures, de la production de logiciels, des industries indispensables à l’exploitation numérique d’un nombre important et croissant de secteurs. Prenons un exemple pour comprendre à quel point le changement et l’accélération des capacités technologiques créatrices de synergies entre les secteurs sont devenus fondamentaux.

Tout, tout de suite et maintenant

Imaginez la scène : nous sommes dans les années 1990, un étudiant cherche un livre peu connu, mais essentiel, pour terminer son projet. Il se rend à sa bibliothèque locale, remplit un formulaire papier et demande à ce que le livre soit localisé. Une fiche manuscrite est remplie par le bibliothécaire et archivée aux fins de la recherche. L’étudiant règle un montant en espèces et attend plusieurs semaines, jusqu’à ce que le livre soit finalement localisé par le réseau national limité de la bibliothèque. Notre étudiant se rend ensuite une fois de plus sur place pour récupérer le livre et rendre son devoir dans les temps.

En 2022, grâce aux moyens sophistiqués de l’e-commerce, notre étudiant peut naviguer en ligne sur un écran mobile et dénicher le même livre dans toutes sortes de points de vente en ligne, petits et grands. Il peut également trouver en quelques secondes des vendeurs privés et des sites d’enchères à travers le monde. Le livre est repéré en quelques minutes et acheté en un clic, la transaction étant facilitée par des prestataires de services de paiement qui investissent continuellement dans des améliorations et des innovations et deviennent accessibles à un nombre croissant de clients à travers le monde. Les données financières sont cryptées et protégées contre le vol par des dispositifs fournis au site d’e-commerce et au prestataire de paiement par une ou plusieurs entreprises de cybersécurité. Le livre est emballé et envoyé par le service automatisé de collecte et d’expédition du vendeur et est reçu par notre étudiant le lendemain sans qu’il n’ait jamais eu à quitter son domicile. Il semble inconcevable que la courbe des attentes de plus en plus exigeantes des consommateurs prenne une autre direction que celle de la progression et de l’accélération ; les consommateurs se sont habitués à ce type de confort quotidien et ne sont plus disposés à accepter autre chose…

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