The Dark Side of the Moon of the US Dollar*

“Money ! New car, caviar, four star, daydream. Think I’ll buy me a football team” – au cas où vous ne les auriez pas reconnues, ce sont les paroles du premier couplet de Money, la fameuse chanson de Pink Floyd sortie en 1973 (la seule de l’album à atteindre le top 20 / je vous conseille d’écouter les premières notes de basse ici).

L’argent, c’est un sujet préoccupant en ce moment, en particulier si on s’intéresse à ce qu’il est en train de se passer sur le marché des changes.

Vous ne l’avez peut être pas remarqué mais ce matin était la première fois depuis 2002 (20 ans oui, oui) que le dollar était plus fort que l’euro (ce constat s’applique à tout le Dollar Index) – ça n’en a pas forcément l’air mais je vous jure que c’est important ! -.

En effet, au delà du fait que le budget prévu pour vos vacances dans les Hamptons en cette période estivale risque de prendre un certain embonpoint, c’est également les marchés financiers dans leur ensemble qui pourraient avoir du mal à digérer la nouvelle.

Je m’explique : depuis plusieurs années désormais, les marchés évoluent au gré des perspectives des sociétés de croissance américaines – toujours plus hautes, toujours plus belles, c’est ce qui nous a mené au pic de valorisation que nous avons connu sur la fin 2021 – début 2022.

Désormais, ces sociétés commencent à avoir un problème fondamental : continuer à afficher des chiffres de croissance mirobolants. Et sur ce dernier point, je reviens à mes moutons, la chérté actuelle du dollar devrait grandement leur complexifier la tâche.

Pourquoi me direz-vous?

– Parce qu’Apple réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires hors des Etats-Unis
– Puisque pour Nike, c’est environ les 2/3 de l’activité qui sont à l’international
– Egalement car concernant Amazon, c’est un peu moins de la moitié de ses résultats qui sont réalisés ailleurs qu’en Amérique du Nord
– Et enfin car ce constat s’applique à à peu près l’intégralité des sociétés du S&P 500

Bref vous l’aurez compris, ces marques ont besoin de vendre leurs produits et services partout dans le monde – autant de choses que nous autres clients internationaux devrions être de moins en moins enclins à acheter puisqu’il nous en coûte d’autant plus que le dollar gagne en valeur vis à vis des autres devises.

Il y a donc de fortes chances pour qu’Apple et ses consoeurs (qui n’ont pas une marge extensible pour réaffecter ces effets de change sur leurs clients en dehors des Etats-Unis – les derniers iPhone et les dernières Jordan nous coûtent déjà suffisamment cher, vous ne trouvez pas?), voient leurs résultats impactés par ces mouvements hors normes**.

“New car, caviar” ou “old phone, old shoes”, c’est ce que nous montreront les résultats et prévisions qui sortiront dans les jours qui viennent.

Excellente semaine,

Max

*traduction : la face caché du dollar américain
**indépendemment des positions de couverture de change

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