Ukraine : choc émotionnel et “sentiment économique”

La Réserve fédérale américaine vient de débuter un cycle de hausse de ses taux directeurs. Pour l’instant, cependant, le ralentissement économique mondial attendu dans la foulée du choc ukrainien vient modérer les craintes d’un choc majeur sur les taux d’intérêt à long terme.

Malgré le choc ukrainien, la Réserve fédérale américaine a monté son taux directeur de 25 points de base et a communiqué un plan de hausse de taux à venir conforme à ce qui est déjà intégré dans les prix du marché. Seul un des membres de la Fed a déclaré préférer une hausse de 50 points de base, démarche qui aurait été probablement plus populaire sans la guerre en Ukraine. Le lendemain, en augmentant ses taux pour la troisième fois depuis décembre 2021, la Banque d’Angleterre a indiqué qu’elle était devenue moins certaine du rythme futur des hausses de taux d’intérêt en raison des retombées possibles du choc ukrainien. Bref, toutes les grandes banques centrales – à l’exception notable de la Banque du Japon – visent toujours à normaliser leur politique monétaire, mais les retombées économiques de la guerre et des sanctions en définiront le rythme. Pour ces raisons, les parties longues des courbes de taux d’intérêt ont plutôt bien résisté à la hausse de taux courts et à celle des anticipations d’inflation (graphique 1).

Plusieurs mois seront nécessaires pour mesurer l’impact de la guerre sur l’économie mondiale. Les premières indications viendront des enquêtes de confiance auprès des ménages et des entreprises. L’indicateur préliminaire de confiance des ménages en zone euro sera publié le 23 mars, les enquêtes PMI[1] préliminaires le 24 mars, et l’indice allemand IFO[2] le 25 mars. Malgré l’impact positif de la baisse des restrictions sanitaires, la confiance devrait sensiblement se dégrader, surtout en Europe. Dans une note récente, Bank of America suggère que, selon son indicateur dérivé d’une analyse « big data » quotidienne, le sentiment économique général se serait déjà autant dégradé qu’en mars 2020 en zone euro (graphique 2). Le choc réel étant évidemment beaucoup moins rude qu’il y a deux ans, cela laisse à penser que le choc émotionnel de la guerre risque de dégrader les données d’enquêtes de manière exagérée. Il faudra donc être prudent dans l’interprétation des résultats.

Reste qu’un ralentissement économique européen semble inévitable. Les perspectives sont en revanche plus disputées pour les Etats-Unis, son économie étant nettement moins dépendante de la Russie. Le supplément d’inflation apporté par la hausse des prix du pétrole va cependant agir comme une taxe sur la consommation. De plus, les indicateurs récents semblent déjà pointer vers un ralentissement économique, l’estimation « GDP Now » de la Réserve fédérale d’Atlanta anticipant une croissance de seulement +1,3% au T1 (estimation au 17 mars). Mais ce même rapport montre que cette faible hausse du PIB est entièrement due à une nette baisse des stocks. Hors stocks, la demande intérieure reste très dynamique, avec une consommation qui pourrait dépasser 4% de croissance au T1, et l’investissement qui grimperait d’environ 10% (graphique 3).

On est donc encore en droit d’hésiter entre deux scénarios. Soit le choc ukrainien conduit l’économie américaine sur la voie d’une modération durable de la croissance qui permettrait d’atténuer progressivement les pressions inflationnistes sous-jacentes, avec des conséquences favorables pour les marchés financiers. Soit ce choc n’est qu’un trou d’air au milieu d’un boom inflationniste plus résilient qu’on ne l’imagine, et qui conduira à de nouvelles et fortes tensions sur les taux d’intérêt. Plusieurs semaines seront sans doute nécessaires avant de pouvoir trancher en faveur d’une des deux hypothèses.

Dans nos portefeuilles, nous continuons d’éviter le marché obligataire, dont la valorisation s’est encore aggravée avec des taux réels (hors inflation) presque partout négatifs. Nous restons concentrés dans nos fonds flexibles sur des stratégies actions-cash, les actions portant des valorisations ajustées du risque nettement plus attractives que les obligations (y compris les obligations d’entreprise). Notre exposition au risque reste pour l’instant modérée, et nos thèmes de prédilection demeurent la transition énergétique et la qualité ESG[3], dont surtout la dimension gouvernance.

Termes et définitions
1. PMI. L'indice PMI (Purchasing Managers' Index) est un indicateur mensuel qui mesure la performance des secteurs de l'industrie manufacturière et des services.
2. IFO. L’Institut IFO est un centre de recherche économique basé en Allemagne, à Munich, fondé en 1949. Il est…
3. ESG. L’ESG (Environnement, Social et Gouvernance) est un terme générique qui désigne les critères de responsabilité sociale et environnementale…

Rechercher un fonds

NomISINCatégoriePerf.YTD
Gay-Lussac Microcaps A FR0010544791 Actions Euro. Microcaps -1.38 %
Pictet – Clean Energy (P) LU0280435388 Actions techno. 1.59 %
Auris Euro Rendement R EUR Acc LU1599120273 Obligations Europe 0.36 %
Ofi Invest ISR Valeurs Euro IC FR0007045604 Actions Zone Euro 4.41 %
Invesco Euro Equity Fund A Dist LU1240328903 Actions Zone Euro -0.21 %
ODDO BHF Metropole Euro SRI A FR0010632364 Actions Zone Euro 2.02 %
Amundi Funds Euroland Equity R Eur LU1883305846 Actions Zone Euro 3.81 %
Lazard Actions Euro IC FR0010259945 Actions Zone Euro 6.08 %
DNCA Opportunités Zone Euro C FR0012316180 Actions Zone Euro 0.97 %
Echiquier Value Euro A FR0011360700 Actions Zone Euro 0.61 %
Goldman Sachs Eurozone Equity Income R EUR Cap LU1273028123 Actions Zone Euro 3.48 %
R-co Conviction Equity Value Euro C Eur FR0010187898 Actions Zone Euro 0.09 %
Sycomore Fund Sustainable Tech RC EUR LU2181906426 Actions techno. 15.99 %
ODDO BHF Artificial Intllgnc CR-EUR LU1919842267 Actions techno. 10.64 %
CPR Invest Glbl Dsrpt Opp A EUR Acc LU1530899142 Actions techno. 11.30 %
BGF Next Generation Technology A2 EUR H LU1861216510 Actions techno. 6.60 %
EdR SICAV Tech Impact A EUR FR0013488244 Actions techno. 4.31 %
Janus Henderson Glb Tech&Inno A2 HEUR IE0002167009 Actions techno. 12.36 %
Tocqueville Global Tech ISR C FR0013529914 Actions techno. 15.22 %
Allianz Cyber Security WT H2 EUR Acc LU2357305882 Actions techno. 7.13 %
Echiquier Artificial Intelligence B EUR LU1819480192 Actions techno. 14.29 %
Mélanion BTC Equities Universe UCITS ETF EUR FR0014002IH8 Cryptos -5.72 %
TOBAM Bitcoin CO2 Offset Fund A1 FR0013293859 Cryptos 35.63 %
La Française Carbon Impct Flt Rt TC USDH FR001400D724 Obligations Europe 1.36 %
Carmignac Pf Flexible Bond A USD Acc H LU0807689749 Obligations Europe 0.53 %
Income Euro Selection P FR0010363648 Obligations Europe 1.90 %
Ostrum Euro ABS Opportunities I(C) EUR FR0010286195 Obligations Europe 1.45 %
DNCA Invest Credit Conviction N EUR LU1234712617 Obligations Europe 1.33 %
Hottinguer Oblig C FR0010269803 Obligations Europe 1.38 %
Ecofi Taux Variable C FR0011045137 Obligations Europe 1.22 %
Octo Crédit Value C FR0013192622 Obligations Europe 1.25 %
GS European ABS – I Cap EUR LU1900228542 Obligations Europe 2.09 %

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prec.
Regain d’optimisme & accalmie sur les marchés d’actions
Suiv.
Projections macroéconomiques de la Banque de France
Plus de publications