Emploi américain | La revue de presse économique et financière

Un marché de l’emploi américain qui reste très solide

Les derniers chiffres de l’emploi américain n’as pas failli à sa tradition récente de nous surprendre, non pas par les statistiques elles-mêmes, mais bien par la réaction du marché. En effet, malgré un rapport sur l’emploi solide pour le mois de juin, qui devrait aider la Fed à être plus confiante sur l’amélioration en cours du marché du travail, le marché obligataire à interpréter la légère hausse du taux de chômage comme au contraire un signal d’une politique monétaire qui serait maintenue plus accommodante plus longtemps. Ceci s’est traduit par une baisse des taux d’intérêt sur l’ensemble de la courbe des taux. Dans le sillage de cette baisse, la bourse américaine a été stimulée notamment les valeurs de croissance, essentiellement la technologie. Evidemment, cette dépendance du marché obligataire à la liquidité doit nous inquiéter, même si pour l’instant, des taux longs très bas constituent un facteur de soutient pour l’économie et la prise de risque.

Le marché obligataire semble avoir considéré le rapport de l’emploi américain comme « négatif », indiquant que la Fed pourrait être bien plus patiente en débutant la normalisation de sa politique monétaire.  En effetde manière assez paradoxale le marché obligataire a considéré que les chiffres de l’emploi pour le mois de juin étaient plutôt décevants.

En fait, le rapport du mois de juin a été plutôt solide avec des créations d’emplois dépassant les attentes et se situant à 850 mille pour le mois. Comme attendu les secteurs les plus touchés par la crise ont contribué très fortement à ce résultat, dont notamment ceux des loisirs, de l’hébergement et de la restauration. Avec 343 mille emplois créés, ces secteurs ont représenté 40% des créations d’emplois sur le mois.  Par ailleurs, les secteurs qui continuent à subir des tensions au niveau de leur approvisionnement en intrants ou des fortes hausses de coûts ont connu des contractions au niveau de l’emploi, comme celui de la construction.

Néanmoins, malgré ces fortes créations d’emploi le taux de chômage est monté légèrement, se situant à 5,9%. La raison étant que le taux de chômage est calculé au travers d’une enquête auprès des ménages et non pas sur les chiffres de l’emploi issus des statistiques collectées auprès des entreprises. Ainsi, dans l’enquête auprès des ménages, l’emploi a légèrement reculé alors que la population active croissait. Ces différences entre les deux enquêtes s’expliquent par des différences de composition et par le comportement des ménages. Apparemment, la solidité actuelle du marché de l’emploi, a incité de nombreux travailleurs à quitter leur emploi pour chercher des nouvelles opportunités. Ceci va être corrigé. Le taux de chômage devrait continuer à baisser.

En fait, quand on regarde la mesure étendue du taux de chômage, en intégrant les personnes dans des postes de travail plus précaires on constate bien que celui-ci continue de baisser. Néanmoins, les indicateurs de chômage restent bien au-dessus des niveaux d’avant crise sanitaire.

Le chemin est encore long pour retrouver les mêmes taux de chômage.  Mais, la force du rebond de l’économie américaine, avec ce soutien si fort de la politique économique, devrait permettre de manière remarquable de s’approcher du plein emploi dès 2022.

Ainsi, ce rapport devrait plutôt motiver la Fed à communiquer davantage sur sa stratégie de sortie de sa politique ultra-accommodante et d’annoncer la réduction de ses achats d’actifs bien avant la fin de l’année.

Ceci dépendra évidemment de l’évolution de la pandémie et des risques que les nouveaux variants peuvent faire peser sur la trajectoire de la reprise. Aussi, les limites à la production, sous la forme de pénuries qui pèsent sur les chaines de production peuvent constituer un obstacle. Mais celles-ci peuvent aussi se traduire par des tensions supplémentaires sur les coûts et in fine sur les prix. Ainsi, on peut constater que les salaires horaires continuent de progresser rapidement, alors qu’on commence à corriger les distorsions liées à la crise. Ces variables de coût doivent continuer à être surveillées et surtout leurs incidences sur les éventuelles hausses de prix.

Au total, nous avons à nouveau une réaction assez paradoxale du marché obligataire, qui par la baisse de taux qu’elle entraîne donne une nouvelle stimulation à l’économie et à la prise de risque, bénéficiant notamment aux valorisations les plus exigeantes, notamment celle de la technologie.

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