Banques-USA | Les actualités économiques et financières

Un PIB américain négatif…mais qui continue de donner un message positif

  • Avec la poursuite de la guerre, les tensions avec le Russie continuent de monter, avec notamment la récente décision des autorités russes de suspendre les ventes de gaz à la Pologne et à la Bulgarie, car ces pays refusaient de la payer en roubles. Néanmoins, de telles décisions contre d’autres pays de l’Union n’ont pas été prises. Il est important de souligner que la Pologne et la Bulgarie vont ainsi voir leur situation interne se détériorer, car la part du gaz russe dans la consommation est très importante (un peu moins de 50% pour la Pologne et 80% pour la Bulgarie), même si leur dépendance énergétique totale à la Russie est relativement un peu moins forte que pour les autres pays de l’Union (9% de leur consommation totale). En effet, ces deux pays, continuent d’avoir une production domestique très important de charbon. Il est probable que l’utilisation du charbon devrait s’amplifier, ce qui est évidemment négatif pour les objectifs de transition énergétique. Néanmoins, aujourd’hui, il n’y a pas d’alternative rapide pour compenser les approvisionnements énergétiques russes. En même temps, les pays membres de l’Union, semblent s’orienter vers un embargo sur le pétrole russe. Ceci n’est néanmoins pas acquis, compte tenu de la dépendance de la région. L’éventualité d’une telle décision, a mis un peu plus de pression sur le prix du pétrole qui reste bien en dessus de 100 dollars (par baril de Brent).
  • Comme anticipée, la Banque centrale japonaise a laissé sa politique monétaire inchangée et a surtout donné peu d’espoir à court terme à un changement de régime, en montrant notamment peu d’inquiétudes sur la chute du yen. De fait, la devise nipponne a accéléré sa chute. À celle-ci, est venue s’ajouter aussi la poursuite de la baisse de la devise chinoise. Ces deux monnaies ont perdu entre près de 6% (JPY) et plus de 4% (CNH) sur le mois écoulé contre le dollar. On le sait, en grande partie, ceci tient à l’appréciation du dollar vis-à-vis de l’ensemble des monnaies compte tenu de perspectives de resserrement monétaire annoncé par la Fed pour les mois à venir. Mais la plus forte réponse de ces devises tient à la différence attendue de positionnement de politique monétaire dans le futur. En effet, que ce soit la Chine ou le Japon, la stratégie reste celle du maintien de politiques accommodantes voire de plus d’assouplissement à venir. On n’en est pas encore au stade de la « guerre des monnaies », mais comme nous l’indiquions, ces mouvements de dépréciation forts donnent un avantage compétitif aux exportateurs de ces pays, et ceci créera des tensions à tôt ou tard dans une économie mondiale qui voit sa croissance décélérer.
  • Les marchés continuent de suivre les à-coups d’un environnement incertain, dominé par un resserrement monétaire à marche forcée aux Etats-Unis, une inflation dont la décélération ne sera que très graduelle et évidemment la guerre en Ukraine qui suscite des inquiétudes et surtout maintien les prix de nombreuses matière premières élevées. En outre, la situation sanitaire en Chine, qui pousse les autorités à confiner une partie du pays, non seulement détériore la croissance chinoise, mais pourrait venir encore exacerber des tensions au niveau des chaînes de productions mondiales. Toutefois, on doit insister sur le caractère transitoire de la situation chinoise. Comme par le passé, les contraintes sur la croissance devraient s’atténuer dans les semaines à venir avec la levée des confinements. En ce sens, la nouvelle annonce de l’instance dirigeante du Parti communiste chinois à soutenir la croissance et à assurer la stabilité les marchés est plutôt de bon augure pour qu’enfin une politique plus activiste soit mise en place pour relancer l’économie qui ressortira encore plus affaiblie après des confinements successifs qu’elle est en train de subir. Ainsi, d’après nous, la fin du printemps devrait s’avérer plus porteur pour la Chine. Entre temps, nous restons relativement plus constructifs sur les actions, tout en gardant un biais défensif, du fait de la décélération de la croissance couplé au resserrement monétaire. Chercher la qualité dans ce type de contexte est primordial. Notre vue s’appuie toujours sur le fait que la croissance devrait être préservée pour les trimestres à venir. La première estimation du PIB américain du premier trimestre a surpris avec une contraction d’un peu plus de 0,3%. Néanmoins, celle-ci est le fruit d’effets temporaires et surtout cache une économie américaine qui continue une expansion solide autour de deux piliers, la consommation et l’investissement. Le coup de rétroviseur que nous donne le PIB du 1T22, nous raconte bien que le plein-emploi reste un facteur de soutien important pour les trimestres à venir. Néanmoins, sur l’investissement, même si la dynamique reste porteuse, on peut s’attendre à un fléchissement avec des marges des entreprises qui devraient être rognées par les hausses des coûts qu’elles subissent et qu’elles communiquent lors de la saison de résultats en cours.

Le PIB américain s’est contracté d’un peu plus de 0,3% sur le 1T22. Ceci a été une surprise, même si les économistes de marché, comme nous, attendaient une progression très faible de 0,3%. Cette contraction, est essentiellement due à deux composantes de la demande américaine. D’une part, la très forte progression des importations au 1T22, alors que comme attendue, la constitution de stocks a baissé après la forte progression du premier trimestre. Au total, les exportations nettes et les stocks ont retiré plus de 1 point de pourcentage à la croissance du PIB sur le trimestre. Pour les stocks, ceci est un facteur de normalisation après la très forte contribution positive à la croissance du 4T21, qui avait vu les stocks contribuer à eux tout seuls plus de 1,3 point de pourcentage à la croissance.

En ce qui concerne le secteur extérieur, on a pu constater la robustesse de la consommation intérieure qui continue de stimuler la demande de biens importés. En outre, les exportations ont souffert de facteurs spécifiques, y compris d’une demande adressée aux Etats-Unis affaiblie au cours du trimestre, qui s’est traduit par une contraction (-0,2%). Il est certain que l’appréciation du dollar pourrait continuer à peser sur les exportations américaines, mais celles-ci devraient se reprendre, notamment sur le domaine énergétique.

Mais l’élément important que tout le monde doit suivre, est la dynamique de la consommation. En ce sens, on ne peut qu’être rassuré par un consommateur qui est toujours présent. En fait, la robustesse du marché du travail apporte un soutien toujours très solide à l’activité. La consommation a ainsi apporté une contribution de près de 0,5 point de pourcentage à la croissance sur le trimestre, soit légèrement plus forte qu’au 4T21. Il est difficile de voir la consommation s’effondrer rapidement, et ce, malgré l’élément de frein que constitue la hausse de l’inflation qui vient rogner le pouvoir d’achat des ménages américains. En particulier, les dernières statistiques des indemnisations du chômage, qui ont atteint un plus bas historique quand on considère le nombre de personnes inscrites, montre bien le caractère très robuste du marché du travail américain en ce moment.

Etats-Unis : les demandes d'allocation chômage au plus bas historique

Du côté de l’investissement, la situation reste aussi porteuse, avec une contribution à la croissance du PIB de plus de 0,3 point, soit supérieure à celle connue au 4T21. Les entreprises continuent donc d’investir dans une économie portée par une demande finale assez robuste. En effet, comme l’indique le rapport, la demande intérieure continue de progresser de plus de 0,6% sur le trimestre.

Néanmoins, il est probable que l’investissement soit un des éléments de la demande qui devrait commencer à décélérer dans les trimestres à venir. Le resserrement des conditions financières et les hausses des coûts, même si les entreprises semblent arriver à en transmettre une partie à leurs clients, devraient peser tout de même sur les marges et donc la profitabilité des entreprises. De ce fait, l’investissent devrait en subir les conséquences. La saison de résultats, nous donne des signes sur ce domaine, avec des entreprises soulignant les pressions sur les marges et toujours évidemment subissant des contraintes d’approvisionnement. La question est à quelle vitesse ces éléments viendront freiner la croissance. Pour l’instant, nous continuons à penser que la croissance devrait être préservée.

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