Pandémie | La revue de presse économique et financière

Un virus qui devrait rester endémique

Agence SAND

Alors que dans le monde les contagions gardent une tendance baissière, on constate qu’en Europe notamment, celles-ci progressent parfois assez rapidement, comme c’est le cas du Royaume-UniEn effet, au Royaume Uni le nombre de contagions vient d’atteindre de nouveau 50000 par jour, soit au plus de deux mois. Cette nouvelle hausse est due notamment à l’affaiblissement rapide des règles de distanciation sociale, y compris concernant le port de masques.  Par ailleurs, un nouveau variant, pour l’instant appelé « Delta plus » serait en train de se propager, un peu moins de 10% des nouveaux cas, et pourrait être encore plus contagieux.

La hausse des contagions est aussi visible en Europe continentale, notamment à l’Est.

Ces évolutions, montrent que le virus circule toujours. D’ailleurs, les experts pensent qu’il devrait devenir endémique. Ceci, non seulement nécessitera des rappels de vaccination afin de maintenir l’immunité de la population, mis sûrement le maintien certains gestes de distanciation sociale perdurent. En ce sens, la levée rapide, voire trop rapide, dans certains pays de certaines mesures de protection semblent bien être un facteur aggravant dans la circulation du virus, malgré des hauts taux de vaccination.

A ce stade, on peut toujours maintenir l’hypothèse que la montée des contagions n’aura pas d’effet marqué sur l’activité. La raison essentielle reste la même, soit le nombre limité de cas graves et surtout de décès dans les populations où les taux de vaccination sont élevés, comme c’est le cas en Europe.

Toutefois, à l’arrivée de l’hiver, on peut craindre que la situation sanitaire se détériore à nouveau et rester une des inquiétudes qui pourraient peser sur le marché alors que l’activité économique est en train de décélérer.

Sur les marchés, des deux côtés de l’Atlantique pour une fois la situation sanitaire ne semble vraiment pas être un sujet de préoccupation à ce stade.  En effet, c’est bien l’inflation qui continue de dominer les inquiétudes.

Les anticipations d’inflation ont continué de progresser au cours de la dernière période poussant une grande partie des courbes de taux d’intérêt vers le haut. Les parties courtes se sont tendues plus fortement, avec des anticipations de hausse de taux directeurs, notamment aux Etats-Unis, plus rapides qu’anticipés préalablement.

Les anticipations d’inflation aux Etats-Unis, mesurées par le marché obligataire, ont maintenant dépassé les plus haut connus en mai dernier.  Même la parties les plus longues, notamment à 30 ans, alors que jusqu’ici avait été plus résiliente sur l’inflation, ont vu, sur la dernière semaine, une progression très vive des anticipations, remontant très vivement.

Toutefois, la force de l’encrage offert par les banques centrales, notamment de la Fed et de la BCE, reste très puissant pour maintenir les taux à des niveaux faibles. En effet, avec, des politiques qui restent très accommodantes, associée avec une communication sur l’évolution future (« forward guidance ») toujours orientée à maintenir de conditions de financement très favorables et donc des taux directeurs très faible pendant longtemps, les taux nominaux, malgré la récente hausse sont toujours à des niveaux historiquement faibles.

C’est donc bien la partie « réelle » de la courbe des taux qui reste sous l’emprise de la banque centrale et qui les maintient en territoire historiquement négatif.

On peut s’attendre à une volatilité grande sur les taux d’intérêt dans cette période, même si nous pensons que les pressions à la hausse devraient persister.

Le faible niveau des taux nominaux reste encore un soutien pour la prise de risque. Mais les mois à venir, si jamais l’inflation suit un chemin plus défavorable que prévu, notamment, peuvent venir changer la donne et crée des tensions plus fortes sur les marchés. Toutefois, à ce stade, bien que la prudence reste de mise, il nous semble qu’une exposition modérée, sélective et bien diversifiés aux actions, en intégrant ce risque sur les taux, reste justifiée.

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