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Une production industrielle mondiale sous contraintes

Le passage du « quoiqu’il en coûte » à une croissance économique autoentretenue se heurte à des problèmes d’offre d’ampleur inédite, essentiellement dans l’industrie. La résorption de ces contraintes d’offre, qui pèsent à la fois sur les prix et sur la production, sera la grande affaire des prochains trimestres.

La désorganisation des chaines mondiales de production depuis les débuts de la crise du Covid, ainsi que les effets de la transition énergétique et d’autres facteurs spécifiques ont retardé la normalisation de l’économie. Sévère insuffisance des stocks (graphique 1), hausse des prix, retards de livraison, manque de main d’œuvre et de composants électroniques sont les marqueurs principaux de cette étape mouvementée. En Europe s’y ajoute une forte hausse des prix de l’électricité dont les origines sont très diverses, mais dont la principale est la hausse des prix du gaz.

 

 

 

La production industrielle mondiale est donc contrainte, ce qui conduit à des surprises économiques négatives (graphique 2), phénomène inédit en période de forte reprise de la demande. Ces contraintes sont particulièrement fortes dans l’automobile, secteur qui subit au même moment un choc structurel de transition vers l’électrique. Les ventes de voitures risquent d’atteindre un nouveau plus bas de l’année en septembre aux Etats-Unis (-25% sur un an), et la production automobile allemande reste 30% inférieure à son niveau de 2019 alors que les commandes n’ont jamais été aussi élevées. La production automobile est en effet bloquée par des retards de livraison des composants électroniques. Ces retards vont mettre du temps à se résorber en raison de la pénurie de semi-conducteurs, pénurie qui pourrait ne pas disparaitre entièrement avant 2023.

 

 

 

Tous ces problèmes se sont fortement aggravés pendant l’été 2021 du fait des ravages du variant Delta en Asie, région clef pour les chaines de production industrielle. La maitrise en cours de cette épidémie laisse cependant présager d’une nette amélioration de la situation (graphique 3). Les experts de Goldman Sachs ont ainsi calculé qu’après avoir retiré environ 1% de croissance à l’économie mondiale pendant les trois premiers trimestres de 2021, l’amélioration de l’offre industrielle contribuerait positivement à la croissance mondiale à partir du T4 2021 et jusqu’à la fin de 2022. Pour les mêmes raisons, l’inflation dans les pays développés devrait rebaisser nettement sur la période.

 

 

Notons enfin que le rééquilibrage offre-demande dans l’industrie va aussi provenir d’une accalmie relative de la demande de biens, la croissance économique post-Covid étant surtout tirée par l’accélération du secteur des services. De ce point de vue, la réouverture des frontières annoncée par l’administration américaine est évidement une très bonne nouvelle pour les secteurs du tourisme et du transport aérien. De même, la remontée du PMI des services au Japon au mois de septembre (47,4 après un plus bas de l’année à 42,9 en août) est encourageante.

 

Dans ce contexte, nous nous attendons à ce que les indicateurs économiques surprennent plus favorablement au cours des prochains mois, ce qui nous incite à maintenir notre scénario modérément positif pour les marchés des actions malgré les incertitudes créées par l’affaire Evergrande en Chine.

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