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Une récession américaine ! Quelle récession ?

Le débat sur le mix croissance/inflation de l’économie américaine continue à faire rage entre les économistes/observateurs sans qu’un consensus clair puisse se dégager.

La publication de l’ISM des services en réaccélération à plus de 56 est venue contredire l’enquête du PMI des services qui était passé sous le seuil des 50, seuil qui marque la limite entre expansion et ralentissement. Le chiffre clé de l’emploi ressort lui aussi très fort avec un taux de chômage à 3,5% et surtout une hausse des salaires horaires annualisés de 5,2%. Les anticipations de hausse des taux de la Fed passent dans la foulée de 50 points de base à 75.

De quoi remettre en question le narratif du « pivot » de la Fed, i.e. de l’arrêt proche de la normalisation des taux ? Les investisseurs, ceux qui ne sont pas en vacances, se sont positionnés ces dernières semaines pour un scénario « idéal » d’atterrissage en douceur de l’activité et de reflux des tensions inflationnistes. Le marché américain a ainsi déjà retracé 50% de la baisse depuis le point haut de mars. Est-ce réaliste ?

L’activité mondiale ralentit, l’Allemagne, aux premières loges de la crise gazière, est probablement déjà en récession et la Chine, qui se heurte à une forte crise immobilière, a confirmé qu’elle n’attendrait pas son objectif initial de 5,5% de croissance en 2022 lors de la réunion du Politburo qui définit la politique économique.

Sur le front de l’inflation, la résolution progressive des problèmes d’offres, qui expliqueraient près de la moitié des tensions inflationnistes de ces derniers mois, va contribuer significativement à la normalisation. Pour autant l’inflation core ou sous-jacente, notamment du logement qui culmine aux alentours de 6%, plaide toujours pour une inflation durablement trop élevée. La variation des salaires annoncée ce jour est incompatible avec la cible d’inflation de la Fed. Plusieurs membres de la Fed sont intervenus ces derniers jours pour temporiser les propos de J. Powell, perçus comme plus accommodants lors de la dernière réunion. Les anticipations de point haut des taux se décalent ainsi de 3,25% en décembre 2022 à 3,75% en mars 2023.

Il est donc aujourd’hui difficile d’apporter une réponse tranchée. Nous considérons donc plusieurs scénarios dont :

–       la modération avec un ralentissement progressif de la croissance et de l’inflation. La Fed a pratiquement fini son cycle de resserrement des taux, le fameux « pivot ». C’est positif pour les actions, notamment les valeurs de croissance américaines ;

–       la récession avec un ralentissement fort de l’activité, une hausse forte du chômage, puis une baisse de l’inflation. La Fed doit interrompre son cycle de hausse des taux. C’est positif pour les obligations d’état ;

–       la surchauffe avec une économie qui ralentit peu et une inflation qui reste trop élevée. La Fed est obligée d’accélérer sa politique de resserrement des conditions monétaires et de provoquer une récession. C’est négatif pour les actions et pour le crédit.

Dans les prochaines semaines l’impression de piloter à vue avec le risque de voir se matérialiser des scénarios économiques diamétralement opposés restera forte. Les signaux de modération existent toutefois à ce stade et nous incitent à maintenir une exposition modérée aux actions en cohérence avec l’enveloppe de risque de nos différents fonds. Nous restons à l’écart des taux qui restent chers et sont fragilisés par ces dernières données économiques. Nous monitorons avec attention l’évolution des principaux indicateurs afin de pouvoir ajuster en dynamique nos expositions.

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