Zone euro : la résistance de l’économie se confirme

Les effets de la crise énergétique sur l’activité ont été moins marqués que ce que l’on pouvait craindre, se traduisant par un ralentissement de la croissance au quatrième trimestre et non par une contraction. Le PIB de la zone euro a progressé de +0,4% en rythme annualisé après une hausse de +1,2% au troisième trimestre. Cela masque toutefois des évolutions contrastées entre les pays, le PIB baissant en Allemagne (-1,7%) et en Italie (-0,5%) et progressant en France (+0,5%) et en Espagne (+0,9%).

Les statistiques mensuelles montraient un net ralentisse-ment de l’activité en décembre, en particulier dans l’indus-trie. La production hors construction a baissé de 1,1% sur le mois, en raison notamment d’une baisse de 2,1% de la production allemande. En Allemagne, la baisse était très liée au recul de la production des industries les plus énergivores (chimie, métallurgie, …). À l’inverse, la production automobile continuait de se normaliser, dans un contexte de diminution des problèmes d’approvisionnement.

Les enquêtes auprès des entreprises sont cohérentes avec un rebond de la croissance. Le PMI* composite de la zone euro était déjà repassé en territoire d’amélioration en janvier et la publication préliminaire des chiffres de février fait état d’une hausse de 2 points à 52,3, un niveau correspondant à une croissance de l’ordre de 1%-1,5%. L’amélioration s’explique surtout par le secteur des services (+2,2 points à 53,0), le secteur manufacturier restant en retrait (-0,3 point à 48,5). On observe également un rebond de la confiance des consommateurs qui reste cependant très dégradée.

Cette résistance de l’activité ne plaide pas en faveur d’une diminution des tensions sur le marché du travail et donc des pressions inflationnistes. Le taux de chômage se maintient au plus bas depuis trois mois à 6,6% et les salaires ont nettement accéléré au cours des derniers mois. D’après l’Indeed Wage Tracker, les salaires à l’embauche étaient en hausse de +4,9 % sur un an en décembre, contre un rythme de progression compris entre 1% et 2% entre 2019 et 2021. L’inflation a continué de ralentir en janvier pour s’établir à +8,6% sur un an, mais le ralentissement s’explique principalement par le reflux des prix de l’énergie et de l’alimentation, l’inflation sous-jacente accélérant à +5,3%.

Tout ceci devrait encourager la BCE à poursuivre le resserrement de sa politique monétaire. Lors de sa dernière réunion, la banque centrale a comme attendu augmenté ses taux directeurs de +50 points de base en indiquant qu’elle avait l’intention d’en faire autant lors de sa prochaine réunion de mars, ce qui porterait le taux de dépôt à 3,00%. Après la réunion de mars, Christine Lagarde a indiqué que la BCE évaluera la trajectoire à suivre. Les investisseurs anticipent encore deux à trois hausses de taux de +25 points de base après la réunion de mars. Le taux de dépôt culminerait ainsi à 3,50% ou 3,75%.

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