Zone Euro : Première hausse des taux en juillet ?

Pour l’instant, l’activité semble bien résister à la guerre en Ukraine et à la hausse des prix des matières premières, comme le montre la publication préliminaire des enquêtes PMI* d’avril. L’indice composite a augmenté de 0,9 point sur le mois pour atteindre un plus haut depuis sept mois à 55,8, ce qui était au-dessus des attentes. Ce niveau est cohérent avec une croissance du PIB de l’ordre de +2,5% en rythme annualisé.

On observe toutefois une divergence entre le PMI des services, qui a augmenté de 55,6 à 57,7, et le PMI manufacturier, qui a baissé de 56,5 à 55,3. Les commentaires accompagnant la publication indiquent que l’activité dans les services est soutenue par la levée des restrictions sanitaires tandis que l’activité manufacturière est freinée par les tensions d’approvisionnement liées à la guerre en Ukraine et aux confinements en Chine, ainsi que par une diminution de la demande de biens.

Les composantes prix des enquêtes PMI se maintiennent sur des niveaux très élevés. L’indice global des coûts a affiché son deuxième plus haut niveau depuis 1998 sous l’effet d’une augmentation inédite des prix payés en Allemagne. Outre les tensions d’approvisionnement et la hausse des cours de l’énergie et des matières premières, les entreprises mentionnent des hausses de salaires. Cette augmentation des coûts est répercutée sur les prix facturés qui ont enregistré de nouveaux records.

Les chiffres de mars confirment l’augmentation des pressions inflationnistes. L’inflation annuelle dans la zone euro est passée de +5,9% à +7,4%, notamment sous l’effet de l’augmentation des prix de l’énergie qui progressent de +44,4% sur un an. L’inflation hors énergie et alimentation accélère moins, passant de +2,7% à +2,9% sur un an. Grâce au bouclier énergétique, la France enregistre l’un des taux d’inflation les plus faibles d’Europe à +5,1%. À titre de comparaison, l’inflation s’élève à +6,8% en Italie, +7,6% en Allemagne et +9,8% en Espagne.

Lors de sa réunion du 14 avril, la BCE a confirmé son intention de mettre un terme à son programme d’achats d’actifs au troisième trimestre et de relever ses taux « quelques temps après », ce qui doit se comprendre comme « d’une semaine à plusieurs mois ». Certains responsables, en particulier le vice-président de la BCE, ont déclaré être favorables à un arrêt des achats de titres dès le mois de juillet sans exclure une remontée des taux dans la foulée. La BCE devrait préciser son calendrier lors de sa réunion de juin, après l’actualisation de ses prévisions d’inflation et de croissance.

*PMI : Purchasing Managers Index. Les indices PMI sont des indicateurs de confiance qui synthétisent les résultats des enquêtes menées auprès des directeurs d’achats des entreprises. Une valeur supérieure à 50 indique un sentiment positif dans le secteur concerné (manufacturier ou service).

Lire la suite

Voir aussi : https://lazardfreresgestion-tribune.fr/point-conjoncturel-mars-2022/

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 4 mai 2022 et est susceptible de changer.

Ce document n’a pas de valeur pré-contractuelle ou contractuelle. Il est remis à son destinataire à titre d’information. Les analyses et/ou descriptions contenues dans ce document ne sauraient être interprétées comme des conseils ou recommandations de la part de Lazard Frères Gestion SAS. Ce document ne constitue ni une recommandation d’achat ou de vente, ni une incitation à l’investissement. Ce document est la propriété intellectuelle de Lazard Frères Gestion SAS. LAZARD FRERES GESTION – S.A.S au capital de 14.487.500€ – 352 213 599 RCS Paris 25, RUE DE COURCELLES – 75008 PARIS.

Prec.
Le yen au plus bas depuis un demi-siècle : quelles conséquences ?
Suiv.
Bitcoin une menace pour la planète ? Ses défenseurs répondent