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Zone Euro : Renforcement des pressions inflationnistes

La nouvelle estimation du PIB pour la zone euro montrait une accélération de la croissance à +2,5% en rythme annualisé au premier trimestre 2022, après +1,0% au quatrième trimestre 2021. La précédente estimation faisait plutôt état d’une croissance stable. Cette révision à la hausse est toutefois peu significative, dans la mesure où elle est entièrement liée à la forte hausse du PIB irlandais qui est très volatil. Hors Irlande, la croissance de la zone euro ralentissait de +2,5% à +1,1% au premier trimestre, les restrictions sanitaires ayant pesé sur la demande domestique, surtout sur la consommation.

Les récentes données d’activité étaient plutôt décevantes, la production industrielle dans la zone euro baissant de 1,8% en mars et les ventes au détail de 1,3% en avril, pénalisées par de mauvais chiffres en Allemagne. La production industrielle allemande rebondissait un peu en avril mais restait sur un niveau faible dans le secteur de l’automobile, étant encore inférieure d’environ 30% par rapport à son niveau d’avant la pandémie. La baisse des ventes au détail est sans doute à relativiser dans la mesure où les chiffres allemands sont traditionnellement très volatils.

La publication des enquêtes PMI* de mai était globalement rassurante pour la croissance. Le PMI composite se repliait d’un point dans la zone euro pour s’établir à 54,8, un niveau cohérent avec une croissance proche de 2% en rythme annualisé. Le PMI des services baissait de 57,7 à 56,1, l’effet de la réouverture s’estompant, et le PMI manufacturier de 55,5 à 54,6, du fait d’une diminution des nouvelles commandes.

Le taux de chômage est stable à 6,8% depuis trois mois, son plus bas niveau depuis la création de la zone euro. Dans ce contexte de tensions sur le marché du travail, l’indice de la BCE, qui couvre les salaires fixés par convention collective, a nettement accéléré au premier trimestre, le glissement sur un an passant de +1,6% à +2,8%, un plus haut depuis 2009. Des paiements exceptionnels en Allemagne ont pu tirer ce chiffre à la hausse mais les données par pays montrent une accélération généralisée, l’Italie faisant exception.

Dans une note de blog publiée sur le site de la BCE, Christine Lagarde a clairement indiqué qu’elle envisageait une première hausse des taux en juillet et que le taux de dépôt ne serait probablement plus négatif à la fin du troisième trimestre, ouvrant ainsi la voie à deux hausses de 25 points de base en juillet et en septembre, le taux de dépôt étant pour l’instant à -0,5%. Cette note précédait la publication des chiffres d’inflation de mai qui montraient une accélération plus forte que prévue à +8,1% sur un an. L’inflation hors énergie et alimentation accélérait également, passant de +3,5% à +3,8%.

*PMI : Purchasing Managers Index. Les indices PMI sont des indicateurs de confiance qui synthétisent les résultats des enquêtes menées auprès des directeurs d’achats des entreprises. Une valeur supérieure à 50 indique un sentiment positif dans le secteur concerné (manufacturier ou service).

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