Après le symposium de Jackson Hole, les marchés actions ont pu repartir de l’avant. La Fed et la BCE ont conservé leur message de prudence sur l’évolution de l’inflation. Cependant, les hausses de taux à venir, si elles ont lieu, seront fonction des statistiques économiques. Or, au cours de la semaine, ces dernières ont plutôt été en-dessous des attentes sur deux pans de l’économie importants : l’emploi et les consommateurs aux Etats-Unis. Le nombre de postes disponibles (JOLTS Job Openings) a baissé de 9,17 millions en juin à 8,83 millions en juillet, accentuant le mouvement en place depuis le début d’année. Le taux de démission a lui aussi baissé, montrant que les employés sont moins confiants sur leur capacité à trouver un nouvel emploi. Côté consommateur, la confiance mesurée par le Conference Board a baissé plus qu’attendu en août.
Ces indicateurs, à ce stade, montrent plutôt une normalisation en restant sur des niveaux assez élevés. Ainsi, les dépenses des ménages américains ont progressé sur le mois de juillet de 0,6% par rapport au mois précédent. Le chiffre final du PIB américain pour le deuxième trimestre a été revu à la baisse avec une croissance annualisée de 2,1% et une progression des prix moins forte qu’attendu. Enfin, les indicateurs d’inflation PCE aux Etats-Unis sont ressortis en ligne avec les attentes et en stabilisation : +0,2% de progression mensuelle pour la partie « cœur » et +4,2% en variation annuelle.
En zone euro, malgré des situations différentes selon les pays, les données agrégées montrent une inflation globale stable à +5,3% avec un retour de la hausse des prix du pétrole. Les chiffres d’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) sont plutôt rassurants : en baisse sur un an de +5,5% à +5,3%. Ajoutées à cela, les minutes de la BCE et le dernier discours de Mme Schnabel, membre de la BCE, ont pointé les risques sur la croissance économique de la zone euro.
Ainsi, les taux se sont détendus des deux côtés de l’Atlantique, les statistiques économiques renforçant l’idée que le cycle de hausse des taux arrive bientôt à sa fin. Cela a soutenu le rebond des actions au cours de la semaine, qui ont, en plus, bénéficié de l’évolution de la situation chinoise. En effet, le gouvernement et la banque centrale chinois sont intervenus plusieurs fois, notamment par des baisses de taux, pour limiter le ralentissement économique, soutenir les marchés mais aussi leur devise.
Dans ce contexte, nous avions renforcé nos expositions actions dans la baisse des marchés et conservons ces positions à court terme. A moyen terme, nous avons cependant une vue plus prudente compte tenu du positionnement restrictif des politiques monétaires qui devrait être maintenu et ainsi renforcer le ralentissement économique qui se met en place. Sur les taux, nous sommes positifs sur la duration qui sera un actif protecteur dans cette phase d’incertitude économique.